lundi 30 octobre 2017

Ryan Ferrier - Kennel Block Blues

Quatrième de couverture :
Si vous ne pouvez pas vous échapper de prison, échappez à la réalité. Oliver est un bon chien, un chien de famille, qui a été injustement condamné au chenil d’État de Jackson, et immédiatement placé dans le couloir de la mort avec les autres détenus. Il va lui falloir de l'aide pour s'échapper, mais face au stress de la vie carcérale, il commence à fuir la réalité, imaginant un monde de fantaisie avec des personnages de dessins animés.
Il est temps de s'évader... dans une comédie musicale ?

Mon avis : 19/20 - COUP DE COEUR -
Comment parler de cette oeuvre sans évoquer ses thématiques ? Sans spoiler pour crier son génie ? Cela va être très dur, et parfois quelques images valent mieux que des mots.
Oliver est un chien qui se retrouve en prison injustement. Il ne doit pas y rester, c'est ce qu'il se fatigue à faire comprendre à tout le monde. Mais voilà, il y est, et pour ce laps de temps, il se crée un monde parallèle où sa vie carcérale serait en fait une joyeux comédie musicale.
Mais comment ne pas parler du dessin ? Totalement approprié à son histoire, les planches sont partagées entre un gris sombre et de folles couleurs pétantes. Ce rendu donne énormément de caractère à cette BD, elle lui donne même une identité absolument unique et renforce les thématiques. Car évidemment, les couleurs pétantes délimitent la "comédie musicale" lorsque les couleurs sombres ramènent à la réalité.
Mais voilà, si les dessins sont magnifiques, cette BD est un véritable hymne à la liberté animale, et il est rare que cette thématique soit si bien utilisée, notamment quand cela concerne les animaux dits "domestiques". Car à aucune moment l'auteur ne pointe du doigt les hommes (qui ne sont même pas présents dans l'oeuvre) mais il ne s'agit pas de nous faire croire que nous ne sommes pas responsables mais au contraire de nous montrer les conséquences de notre volonté égoïste à vouloir des "animaux de compagnie" que nous n'assumons pas. La morale de l'oeuvre amplifie ce parti-pris, que l'on ne peut que féliciter.
Cette merveilleuse BD est une véritable découverte à faire passer entre toutes les mains. Le fond s'assemble à la forme pour nous en révéler un magnifique chef d'oeuvre. Il faut la lire, il faut la prêter, il faut la rendre culte. Car elle en a tout le potentiel.

jeudi 19 octobre 2017

Stephane Desienne - Zoulag : La Filière Sibérienne

Quatrième de couverture :
L’humanité a finalement réussi à contenir l’apocalypse zombie, et les spécimens infectés qui n’ont pas été éradiqués sont désormais enfermés dans des « zoulags » à des fins scientifiques et militaires.
Boris Yazounov et sa partenaire Nikki font tourner un bien étrange business : on les engage pour voler des zombies et les convoyer à travers les terres désolées de la Sibérie. Et pourvu que la paie soit bonne, le duo n’est pas curieux des motivations de ses commanditaires.
Si jusqu’à ce jour la mécanique du trafic semble bien huilée, l’idée d’une retraite bien méritée commence à germer dans la tête de Boris. Peut-être que cette mission sera la dernière… Mais quelque chose ne tourne pas rond : indics nerveux, mafieux gourmands, ambiance de délation, et maintenant les militaires à ses trousses…
Désormais ce n’est plus seulement son business qu’il doit sauver. C’est sa vie.

 Mon avis : 16/20
Quand on parle de roman zombie, un tas de questions s'imposent. Comment va être traité le virus ? Quel impact vont avoir les zombies sur la société ? Comment rendre original ce genre de récit quand on pense que tout a déjà été fait ? Et bien pour avoir la réponse à tout cela, il faut se diriger chez les éditions Walrus. Dans Zoulag : la filière sibérienne, on a tout ce qu'il faut pour avoir une novella zombie original. Le rythme est présent, les personnages ne sont pas caricaturaux et même les zombies ne sont jamais décrit de façon grotesques. Alors certes, on n'est pas réellement dans de l'horreur pure mais plutôt sur du thriller car le suspens l'emporte, mais cela fonctionne parfaitement car on se retrouve emprisonné dans le récit à qui l'on pourrait reprocher d'être trop court.
L'histoire se déroule après l'apocalypse zombie, l'humanité a donc su gérer le problème et faire face à l'invasion du virus. Mais voilà, il reste des zombies et ceux-ci sont enfermés dans des "zoulags" à des fins scientifiques. Le zombie est donc devenu un objet rare, précieux, que tout le monde ne peut se payer. C'est là qu'interviennent nos personnages principaux, qui se font du flouze en trafiquant ces morts-vivants.
On l'a bien compris, l'originalité du traitement zombie est clairement présente. Mais l'écriture alors, vaut-elle le coup ? Et bien lire un auteur français, ça a un énorme avantage. Quand on ne passe pas par la traduction, ça se sent très vite, et on ne peut que féliciter l'écriture de Stéphane Desienne car il est très rare de trouver des récits zombies qui ne tombent pas facilement ni dans le gore ni dans le grotesque. L'écriture est vraiment brillante, on nous conte cette histoire façon road zombie movie, et non seulement c'est appréciable mais en plus c'est bien fait.
En somme, ce livre vaut vraiment le coup d'oeil pour les amateurs du genre mais aussi ceux qui aimeraient changer leurs aprioris sur les zombies. On est sur de la novella, c'est court, ça se lit très bien, et on en redemanderait encore une bonne dose !

mardi 17 octobre 2017

Antoine de Saint-Exupéry - Le Petit Prince

Quatrième de couverture :
J'ai ainsi vécu seul, sans personne avec qui parler véritablement, jusqu'à une panne dans le désert du Sahara, il y a six ans. Quelque chose s'était cassé dans mon moteur. Et comme je n'avais avec moi ni mécanicien, ni passagers, je me préparai à essayer de réussir, tout seul, une réparation difficile. C'était pour moi une question de vie ou de mort. J'avais à peine de l'eau à boire pour huit jours. Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J'étais bien plus isolé qu'un naufragé sur un radeau au milieu de l'océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m'a réveillé. Elle disait : 
"S'il vous plaît... dessine-moi un mouton !
- Hein!
- Dessine-moi un mouton..."
J'ai sauté sur mes pieds comme si j'avais été frappé par la foudre. J'ai bien frotté mes yeux. J'ai bien regardé. Et j'ai vu un petit bonhomme tout à fait extraordinaire qui me considérait gravement.


Mon avis : 15/20
Le Petit Prince est un classique qu'on ne peut aborder qu'avec appréhension quand on ne l'a encore jamais lu. Mais il faut avouer que ce livre est d'une douceur rare. La simplicité des mots amplifient la beauté de la poésie de ce texte. On est vraiment dans un texte doux, qui s'adapte aussi facilement à un public adulte qu'à un public plus jeune.
Il est très dur d'ajouter quelque chose, ce livre est court, il se lit très rapidement, mais il ressort de ce texte un côté très "intemporel".
En bref (car il sera très dur d'en dire plus), ce conte s'adresse à tout le monde, il est d'une beauté rare et d'une candeur très appréciable dans cette époque où le cynisme règne en maître. L'oeuvre n'a aucune prétention et c'est ce qui fait d'elle un incontournable, car c'est exactement ce qu'est devenu ce livre avec les années : un grand classique.

vendredi 6 octobre 2017

Léonor de Recondo - Point Cardinal

Quatrième de couverture :
Laurent rejoint femme et enfants pour le dîner. Avec Solange, rencontrée au lycée, la complicité a été immédiate. Il s'est longtemps abandonné à leur bonheur calme. Mais sa vie bascule quand, à la faveur d'un week-end solitaire, il se travestit pour la première fois. A son retour, Solange comprend que Laurent est un transsexuel qui s'ignore. Elle va convaincre ceux qui l'aiment de l'accepter.

Mon avis : 10/20
Il est assez délicat de parler de cette oeuvre. Car si la trans-identité a le mérite d'être le centre de l'histoire, on ne peut pas dire qu'il en soit autant de l'objectivité.
Tout d'abord, parlons de la forme. Si le premier chapitre est écrit de façon très cinématographique, la suite du roman devient malheureusement beaucoup plus fade tant le fond prend le dessus sur la forme. La psychologie des personnages "secondaires" n'est pas très approfondie ce qui les rend lisses et peu sympathiques aux yeux du lecteur qui n'a d'autre choix que se concentrer sur Lauren(t). Alors oui, c'est bel et bien de lui/elle que l'on parle ainsi que de sa transsexualité, mais le livre aurait gagné à entrer en détails sur les membres de la famille qui se retrouve à affronter la nouvelle du jour au lendemain. Et on en arrive au fond de l'oeuvre : la trans-indentité. C'est un sujet qui devrait être beaucoup plus évoqué dans la littérature, ou au moins plus mise en avant. Mais le problème de ce livre, c'est la vision que l'auteur en donne. Tout se passe très rapidement, et surtout, très bien. Un peu de positif ne peut faire de mal, mais ce livre se révèle clairement utopique. Si l'acceptation de soi est plutôt bien traitée, on ne peut pas en dire autant sur l'acceptation des "autres". Tout le monde prend bien la nouvelle, personne ne se moque, personne ne juge, tout le monde soutient et on change de sexe en un claquement de doigt. Je n'exagère qu'à peine, car un seul personnage se révèle dérangé par la nouvelle, ce qui est bien trop peu pour être un tant soit peu réaliste.
Et c'est vraiment dommage, car ce livre se lit très facilement, mais l'auteur semble avoir privilégié le fond à la forme, ce qui est navrant quand on voit la façon dont la thématique est traitée. Ce roman n'était pas loin d'être bon, mais il faut souligner qu'il a au moins le mérite d'exister.