lundi 13 février 2017

Jeff VanderMeer - Le Rempart Sud, Tome 1 : Annihilation

Quatrième de couverture :
Toute cette région était désertée depuis des décennies, pour des raisons qui ne sont pas faciles à raconter. Notre expédition était la première à entrer dans la Zone X depuis plus de deux ans et la majeure partie de l’équipement de nos prédécesseurs avait rouillé, leurs tentes et abris ne protégeant plus de grand-chose. En regardant ce paysage paisible, je ne pense pas qu’aucune d’entre nous n’en voyait encore la menace. »
La zone X est coupée du monde depuis des décennies. La nature y a repris ses droits. Quelques vestiges de civilisation subsistent dans une faune et une flore luxuriantes.
La première expédition décrit une contrée idyllique. La deuxième s’achève sur un suicide de masse. Les membres de la troisième expédition s’entretuent, ceux de la onzième reviennent amorphes et succombent à un cancer foudroyant. Nous suivons la douzième, composée de femmes. Leur mission : cartographier le terrain et ne pas se laisser contaminer par la zone X.

Mon avis : 15/20
Annihilation est une véritable expérience de lecture. A mi-chemin entre la SF et le récit de voyage, on se prend à découvrir la Zone X avec une véritable envie d'en voir toujours plus. A travers les yeux de la biologiste (non, on ne connait pas son nom), on va suivre la douzième expédition dans cette zone X. Et c'est là que l'auteur a bien joué le jeu du mystère : en écrivant ce livre à la première personne, il nous donne une vision restreinte de cette zone X puisque l'on découvre seulement ce que notre personnage découvre. On avant donc dans cet étrange endroit avec toujours plus de questions et de curiosité. Il y a un côté thriller avec ce mélange de mystère et de suspens qui est très bien dosé. On ne sait pas grand chose sur ce qu'il se passe dans cette zone, mais on en sait suffisamment pour avoir envie de continuer à l'explorer.
Se mêle à ça la vie antérieure de la biologiste, petit à petit on découvre le pourquoi du comment elle s'est retrouvé engagée dans cette mission. Encore une fois, les révélations nous laissent avec plus de questions que de réponses, mais c'est un premier tome qui pose le contexte et qui nous donne un bon avant-goût de ce que l'on peut attendre pour la suite.

En bref, pas de grosse fausse note pour ce huis-clos extérieur (si, c'est possible) qui donne très envie de se lancer dans le second, mais un très bon équilibre entres les révélations et le mystère (même si, avouons-le, en savoir un peu plus n'aurait pas été dérangeant, loin de là).

samedi 14 janvier 2017

Bilan 2016

Vu qu'un petit bilan annuel s'impose, et bien voilà mes TOP/FLOP de l'année :)
(Ouais j'ai fait ça en vidéo parce que pourquoi pas après tout ?)
`


Ah au fait, bonne année !!

vendredi 30 décembre 2016

Olivier Gay - Les Mannequins ne sont pas des Filles Modèles

Quatrième de couverture :
Fitz, Deborah et Moussah forment un inséparable trio de noctambules parisiens. Et voilà Moussah en couple et amoureux. D'un mannequin, pour couronner le tout. Mais la superbe Cerise disparaît du jour au lendemain, à l'aube d'un concours qui aurait pu changer sa vie. A-t-elle décidé de tout plaquer sur un coup de tête ?
A la demande de Moussah, Fitz enfile le manteau d'enquêteur qui lui va si bien. Bien sûr, les autres participantes ont tout intérêt à éliminer Cerise, grande favorite de la compétition. Mais est-il possible que ces créatures de rêve se transforment en criminelles pour parvenir à leurs fins ? Fitz a pourtant toujours eu un faible pour les filles modèles...

Mon avis : 14/20
Voici le second livre où l'on retrouve nos très chers protagonistes. Dans l'ordre, c'est le second, mais c'est bel et bien le dernier que j'ai lu, et celui que j'ai le moins aimé. Overdose de Fitz ou simple baisse de régime de la part de l'auteur ?
Et bien détrompez-vous, on reste quand même sur du très bon polar, avec toujours les mêmes personnages (fidèles à eux-mêmes). L'humour est toujours présent, l'enquête nous tient en haleine (même si, encore une fois, les grands amateurs du genre trouveront assez facilement la fin), et une fois de plus ce n'est pas l'enquête qui est vraiment au centre de l'oeuvre mais les personnages que l'on considère vraiment comme des amis et que l'on ne veut pas quitter.
Pas mal de points forts alors. Mais après avoir lu les trois autres livres de la même série, il faut avouer que celui-ci était un poil au-dessous. Le personnage principal, Fitz, tombe parfois dans la caricature de lui-même ce qui donne une humour parfois lourd à la limite du vulgaire. Sauf que le point fort de cette série, et bien c'est ce personnage justement. L'auteur a toujours réussit à doser parfaitement l'humour et le sérieux du personnage. Mais ça marche moins dans ce tome-là.
Rien de grave, ce livre se lit quand même très bien et les petits points négatifs ne sautent pas aux yeux non plus, pas au point d'enlever cette série de mes série policières coups de coeur. 

Mon avis sur :

D'autres avis ?

vendredi 23 décembre 2016

Simon Liberati - California Girls

Quatrième de couverture :
« En 1969, j’avais neuf ans. La famille Manson est entrée avec fracas dans mon imaginaire. J’ai grandi avec l’image de trois filles de 20 ans défiant les tribunaux américains, une croix sanglante gravée sur le front. Des droguées… voilà ce qu’on disait d’elles, des droguées qui avaient commis des crimes monstrueux sous l’emprise d’un gourou qu’elles prenaient pour Jésus-Christ. Plus tard, j’ai écrit cette histoire le plus simplement possible pour exorciser mes terreurs enfantines et j’ai revécu seconde par seconde le martyr de Sharon Tate. »
Los Angeles, 8 août 1969 : Charles Manson, dit Charlie, fanatise une bande de hippies, improbable « famille » que soudent drogue, sexe, rock’n roll et vénération fanatique envers le gourou. Téléguidés par Manson, trois filles et un garçon sont chargés d’une attaque, la première du grand chambardement qui sauvera le monde. La nuit même, sur les hauteurs de Los Angeles, les zombies défoncés tuent cinq fois. La sublime Sharon Tate, épouse de Roman Polanski enceinte de huit mois, est laissée pour morte après seize coups de baïonnette. Une des filles, Susan, dite Sadie, inscrit avec le sang de la star le mot PIG sur le mur de la villa avant de rejoindre le ranch qui abrite la Famille.
Au petit matin, le pays pétrifié découvre la scène sanglante sur ses écrans de télévision. Associées en un flash ultra violent, l’utopie hippie et l’opulence hollywoodienne s’anéantissent en un morbide reflet de l’Amérique. Crime crapuleux, vengeance d’un rocker raté, satanisme, combinaisons politiques, Black Panthers… Le crime garde une part de mystère.
En trois actes d’un hyper réalisme halluciné, Simon Liberati accompagne au plus près les California girls et peint en western psychédélique un des faits divers les plus fantasmés des cinquante dernières années. Ces 36 heures signent la fin de l’innocence.

Mon avis : 15/20
Il est très dur de parler de ce livre. Il est bien écrit, manifestement très documenté, mais il manque un petit quelque chose pour atteindre le coup de coeur de dingue.
Quoi donc me direz-vous ? Et bien commençons par les points positifs.
L'histoire retrace les 36 heures avant/pendant/après le massacre de Sharon Tate par la secte de Charles Manson. Comme dit plus haut, l'auteur s'est particulièrement bien documenté sur l'affaire, les descriptions des scènes criminelles étant notamment très précises, les images marquent et finissent par rester en tête après même avoir fini le livre. Il y a une réelle volonté de coller à la réalité, ce qui est vraiment appréciable car on ressort de cette lecture avec plus de curiosité (voyeurisme ?) sur cette histoire. Mais en se renseignant on se rend compte que l'auteur a déjà tout dit dans ce livre.
En réalité, ce livre raconte des faits, nous fait entrer dans cette famille si particulière qu'est la famille Manson, mais il le fait sans prendre parti. Cela peut être un point positif comme négatif, car à la fois on (re)découvre l'histoire de façon objective mais on peut aussi trouver que le récit manque parfois "d'âme".
L'aspect manquant de ce récit est selon moi le côté psychologie des filles de Manson. Il n'est absolument pas étudié, ce qui est logique si l'on suit "les faits, juste les faits". Heureusement pour nous, The Girls (de Emma Cline) est un livre sur le même thème mais qui étudie principalement la psychologie d'une fille lambda qui pourrait tomber dans une telle secte. Complémentaires, ces deux livres ? Assurément.