mercredi 28 juin 2017

Michael Köhlmeier - Manger ou Être Mangé

Quatrième de couverture :
Manger ou être mangé, fable loufoque et cruelle, narre l’histoire de Belladonna, un cochon qui réussit à s’échapper dans la nature avant son passage à l’abattoir, et qui rassemble autour de lui d’autres animaux pour les mener sur le chemin de la liberté. Mais la faim et les dissensions ne tardent pas à se faire sentir, et la joyeuse caravane sombre bientôt dans un jeu de massacres.
Sans conclusion ni morale, fortement inspiré du texte de L’Écclésiaste, Manger ou être mangé évoque La Ferme des animaux d’Orwell. Ici, des animaux tourmentés aspirent à la transcendance, tandis que l’homme porte le masque univoque de la mort.

Mon avis : 15/20
Voilà une fable qui mérite d'être lue, car quand on parle de fable, au sens traditionnel du terme, on pense tout de suite aux morales. Mais dans celle-ci, il n'y en a aucune. Ou plutôt, il y en a plein. C'est au choix du lecteur de faire sa propre vision des choses.
Les personnages et l'histoire se font très simple, mais la simplicité amplifie le fait que chaque rebondissement porte un écho qui pousse le lecteur à avancer sur ce chemin douteux. Ce livre est court et se lit très rapidement, il n'y a pas vraiment d'arguments à donner pour se jeter dessus, c'est une pure lecture cruelle dont on prend plaisir à tourner les pages.


lundi 26 juin 2017

Joe Keatinge & Ross Campbell - Glory

Quatrième de couverture :
Glory, alias Gloriana Demeter, est une super-héroïne, issue de l'union entre la reine des Amazones et le Seigneur des Enfers. Après avoir disparu pendant une décennie entière, Glory est découverte par une jeune journaliste. Elle réveille alors non seulement ceux qui la tenaient à l'écart du monde. mais aussi la moitié démoniaque qui sommeille en elle ! Et les ennuis ne font que commencer. 

Mon avis : 17/20 - COUP DE COEUR -
Quelle claque que ce comics. Je suis ravie de voir que l'on arrive à avoir des visuels à la hauteur des personnages. Et Glory en est le meilleur exemple.
On peut parler de l'histoire, très centrée sur l'action, mais c'est le graphisme et les personnages qui marquent la lecture de ce comics.
Le personnage de Glory, en particulier, mérite qu'on lui prête attention. Mi-amazone, mi-démon, on ne peut passer à côté de la référence à Wonder Woman, mais c'est une référence dont on s'éloigne assez rapidement. Car Glory, avec son corps de culturiste, est une véritable bête de combat. Elle a été élevée comme une guerrière et maitrise cet art comme personne. Et on ne peut qu'approuver le fait que son physique soit aligné sur son personnage : pas de bimbo aux courbes parfaites et aux poses lascives pour aller combattre, sans une égratignures, les méchants ! Et quand on voit le passé du personnage de Glory, on ne peut qu'applaudir. D'autant plus que l'auteur a eut la merveilleuse idée de donner une sexualité libérée à ce personnage, et ce, sans jamais avoir à se justifier. En réalité, le seul bémol que l'on pourrait donner aux personnages, c'est qu'on ne les découvre jamais en profondeur alors qu'on sent qu'il y aurait matière à proposer la-dessus.
Mais revenons-en à nos moutons, les planches sont absolument magnifiques. A la fois très violents et très colorés, les dessins nous en mettent plein la vue. Évidemment, on parle d'un comics d'action, donc la violence domine les planches. 
On est clairement sur un comics de qualité qui sait se démarquer des autres, une fois qu'on l'a lu, on ne peut pas l'oublier, que notre avis soit positif ou négatif. 


jeudi 6 avril 2017

Andrzej Sapkowski - Le Sorceleur, Tome 1 : Le Dernier Voeu

Quatrième de couverture :
Geralt de Riv est un personnage étrange, une bizarrerie de la nature, un mutant qui, grâce à la magie et à un long entraînement, mais aussi grâce à un mystérieux élixir, est devenu un meurtrier parfait. Ses cheveux blancs, ses yeux nyctalopes et son manteau noir effrayent et fascinent. Il parcourt des contrées pittoresques en gagnant sa vie comme chasseur de monstres. En ces temps obscurs, ogres, goules et vampires pullulent, et les magiciens sont des manipulateurs experts. Contre ces menaces, il faut un tueur à gages à la hauteur. Car Geralt est plus qu’un guerrier ou un mage. C’est un Sorceleur. Il est unique.
Au cours de ses aventures, il rencontrera une autoritaire mais généreuse prêtresse, un troubadour paillard au grand cœur, et une magicienne capricieuse aux charmes vénéneux. Amis d’un jour, amours d'une nuit.
Mais au bout de sa quête, peut-être pourra-t-il prononcer son dernier vœu : retrouver son humanité perdue…

Mon avis : 17/20 - COUP DE COEUR -
Bien évidemment, si l'on se retrouve à lire la série du Sorceleur, ce n'est sûrement pas parce que la couverture est attrayante mais bel et bien parce que l'on connait le jeu vidéo adapté de cette oeuvre (et que l'on a passé des mois, coupé de tout lien social, pour y jouer).
Alors quelle surprise de découvrir que ce livre est bien écrit. Mais genre... vraiment très bien écrit. Non pas que l'on pense forcément que le livre va être mal écrit, mais avant de l'ouvrir, on ne peut pas s'imaginer qu'il puisse être aussi bien écrit (vous me suivez ?). C'est vraiment un point qu'il faut souligner, le livre se lit très facilement et pourtant le vocabulaire est riche, il reste à portée de tous tout en ayant l'audace de nous apprendre de nouveaux mots. Bravo pour la traduction, sincèrement. 
Pour en venir au fond, sur ce premier tome, on est sur de la nouvelle, si vous connaissez le jeu vidéo, chaque chapitre se déroule comme une "quête" (on entendrait presque la musique en fond sonore), et c'est vraiment très intéressant de le lire en parallèle du jeu car il nous apprend pas mal de choses sur les personnages (et sur leur passé).
Pour les non adeptes du jeu vidéo (y en a-t-il ?), ce n'est pas vraiment un problème car l'univers est clair sans jamais tomber dans le genre de descriptions pompeuses que l'on a l'habitude de retrouver dans pas mal de livres de Fantasy. Les nouvelles sont prenantes et le personnage de Géralt de Riv est vraiment, vraiment très chouette.
L'avantage ? Si tu ne veux pas lire les 7 autres tomes, rien ne t'y oblige puisqu'on ne suit pas clairement une seule et même histoire. Le seul lien dans toutes ces nouvelles, c'est notre Géralt. Pour le reste, on se retrouve à différentes périodes, à différents moments de sa vie et de ses contrats de sorceleur.
En bref, ce livre vaut vraiment le coup, que l'on connaisse ou non le jeu vidéo, c'est vraiment une bête de livre.

lundi 27 mars 2017

Patrick Da Silva - Au Cirque

Quatrième de couverture :
Écrit comme une enquête policière, Au Cirque met en scène six personnages pris dans le tourbillon d'une tragédie familiale. Une langue crue, tout à la fois burlesque et terrifiante, nous plonge dans un monde où pèsent le passé et les secrets. En quatorze chapitres, quatorze stations, le roman s'achemine vers l'élucidation du drame, et son effroyable banalité. 

Mon avis : 15/20
Les éditions du Tripode ne manquent jamais à l'appel quand il s'agit de débusquer des oeuvres complètement atypiques, des mots qui laissent perplexes, des livres qui marquent.
En voilà un bel exemple. En seulement 14 chapitres qui racontent tous plus de mensonges les uns que les autres, les narrateurs vont se succéder jusqu'à faire éclater l'unique vérité, cruelle.
Tourné comme un polar mais sans en être vraiment un, ce livre laisse pantois. On analyse, on cherche, mais on reste complètement perdu face à ce roman rural qui mêle à la fois la poésie des mots (crus) et la cruauté du fond. La narration est construite de façon à ce que le lecteur ne ressorte jamais de l'oeuvre.
Le livre est court, mais il suffit à laisser peser une atmosphère lourde de secrets qui place lecteur dans un voyeurisme malsain. Au final, on ressort de ce livre un peu perplexe, sans savoir si on a adoré ou détesté, mais c'est ce qui marque une grande oeuvre : l’ambiguïté du génie.