dimanche 14 octobre 2018

Stephen King - Ça, Tome 1 & 2

Quatrième de couverture :
Tout avait commencé juste avant les vacances d'été quand le petit Browers avait gravé ses initiales au couteau sur le ventre de son copain Ben Hascom. Tout s'était terminé deux mois plus tard dans les égouts par la poursuite infernale d'une créature étrange, incarnation même du mal. Mais aujourd'hui tout recommence. Les enfants terrorisés sont devenus des adultes. Le présent retrouve le passé, le destin reprend ses droits, l'horreur ressurgit. Chacun retrouvera dans ce roman à la construction saisissante ses propres souvenirs, ses angoisses et ses terreurs d'enfant, la peur de grandir dans un monde de violence.

Mon avis : 17/20 - COUP DE COEUR -
Parler de Ça, c'est parler d'un monument de la littérature fantastique, car on s'attaque à l'oeuvre la plus connue et la plus importante de Stephen King. C'est en tout cas la première chose qui me vient à l'esprit lorsque l'on évoque cette oeuvre magistrale. Et ce n'est pas pour rien que cette histoire effraye avant même de la commencer, quand on voit le nombre de pages, on peut très vite être impressionné. Et pour le coup, le quantité de lignes à lire est très parlante : ce livre est très long, et pour l'apprécier à sa juste valeur, il faut le mériter.
Stephen King a le don de créer des personnages plus crédibles que la réalité même, et en dehors du célèbre clown, c'est bel et bien ce qui fait le véritable intérêt de cette oeuvre. Non seulement on s'attache au fil des pages à chacun de ces enfants, mais on finit par les connaître par coeur, à s'attendre au moindre fait et geste de leur part, bien qu'ils arrivent tout de même à nous surprendre. Chacun d'entre eux est unique et possède un passé bien particulier, mais attention, à aucun moment le pathos n'est poussé à son extrême, ce qui renforce l'horreur de la réalité.
Il est très dur de parler de cette oeuvre tant elle marque le lecteur, les longueurs pourraient faire abandonner n'importe qui mais quelque chose nous pousse à aller plus loin, à en vouloir plus.

J'ai longtemps pensé que Stephen King était le maître de l'horreur et du fantastique, mais quand on regarde de plus près, Stephen King nous dépeint plus souvent une réalité violente mais réaliste, à laquelle il mêle une petite dose de fantastique qui, finalement, se retrouve être moins effrayante que l'horreur humaine que l'on peut trouver en chacun de nous. Au fond, S.King n'écrit ni du fantastique, ni de l'horreur, il crée à lui tout seul un genre littéraire à part entière.

lundi 16 avril 2018

Una - L'Une d'Elles

Quatrième de couverture :
Un roman graphique dans lequel l'auteure livre un récit personnel sur les agressions sexuelles dont elle a été victime à l'âge de douze ans. Au même moment, elle est le témoin de la vague d'assassinats de femmes commis entre 1975 et 1980 dans sa région par l'éventreur du Yorkshire. Un témoignage sur les violences faites aux femmes qui interroge le regard que pose la société sur les victimes.

Mon avis : 17/20 - COUP DE COEUR -
Ce roman graphique est très particulier car il aborde des sujets d'une importance majeures avec des dessins très délicats. En partant d'une vague de meurtres de femmes commis entre 1975 et 1980 et les agressions sexuelles dont a été victime l'autrice à partir de l'âge de 12 ans, Una tisse un lien intrinsèque entre les victimes de sexe féminin, dont elle fait partie. Car lorsque l'on est victime, on ne s'attend pas à être incriminée pour quelque raison que ce soit. Mais cela, c'est la théorie, car en pratique Una nous montre que tout est très différent.
Le fond est très puissant, et la forme est vraiment particulière. Le dessin est très doux mais il a un côté très atypique qui accroche tout de suite l'oeil. On est comme hypnotisé par ce que l'on voit et, par extension, ce qu'on lit.
Ce roman graphique est une véritable pépite viscérale que l'on se doit d'offrir, de prêter à un maximum de personnes car il est indispensable de la lire, pour le bien commun de tous, et particulièrement des femmes.

jeudi 29 mars 2018

Adelaïde Bon - La Petite Fille sur la Banquise

Quatrième de couverture :
« J'ai neuf ans. Un dimanche de mai, je rentre seule de la fête de l'école, un monsieur me suit. Un jour blanc. Après, la confusion. Année après année, avancer dans la nuit. Quand on n'a pas les mots, on se tait, on s'enferme, on s'éteint, alors les mots, je les ai cherchés. Longtemps. Et de mots en mots, je me suis mise à écrire. Je suis partie du dimanche de mai et j'ai traversé mon passé, j'ai confronté les faits, et phrase après phrase, j'ai épuisé la violence à force de la nommer, de la délimiter, de la donner à voir et à comprendre. Page après page, je suis revenue à la vie. » A. B. 

Mon avis : 15/20
La petite fille sur la banquise c'est le récit poignant de la vie de l'autrice, traumatisée par le viol qu'elle a subi à l'âge de 9 ans. On y suit page après page, les conséquences physiques et psychologiques de cette agression. Ce livre est complètement déroutant, l'autrice alterne la première et la troisième personne afin de sortir du récit pour s'adresser directement au lecteur, ou à elle-même. Cela peut sembler étrange au début de la lecture, mais cela  renforce clairement le récit.
Cet exutoire littéraire reste une lecture très lourde, très oppressante et qui crée un véritable malaise chez le lecteur, il n'y a pas un seul instant de lecture ou l'on fait une pause de cette sensation, et c'est une vraie prouesse de la part de l'autrice, car elle nous partage, le temps d'une lecture, une introduction à ce qu'elle a vécu pendant des années.