vendredi 6 octobre 2017

Léonor de Recondo - Point Cardinal

Quatrième de couverture :
Laurent rejoint femme et enfants pour le dîner. Avec Solange, rencontrée au lycée, la complicité a été immédiate. Il s'est longtemps abandonné à leur bonheur calme. Mais sa vie bascule quand, à la faveur d'un week-end solitaire, il se travestit pour la première fois. A son retour, Solange comprend que Laurent est un transsexuel qui s'ignore. Elle va convaincre ceux qui l'aiment de l'accepter.

Mon avis : 10/20
Il est assez délicat de parler de cette oeuvre. Car si la trans-identité a le mérite d'être le centre de l'histoire, on ne peut pas dire qu'il en soit autant de l'objectivité.
Tout d'abord, parlons de la forme. Si le premier chapitre est écrit de façon très cinématographique, la suite du roman devient malheureusement beaucoup plus fade tant le fond prend le dessus sur la forme. La psychologie des personnages "secondaires" n'est pas très approfondie ce qui les rend lisses et peu sympathiques aux yeux du lecteur qui n'a d'autre choix que se concentrer sur Lauren(t). Alors oui, c'est bel et bien de lui/elle que l'on parle ainsi que de sa transsexualité, mais le livre aurait gagné à entrer en détails sur les membres de la famille qui se retrouve à affronter la nouvelle du jour au lendemain. Et on en arrive au fond de l'oeuvre : la trans-indentité. C'est un sujet qui devrait être beaucoup plus évoqué dans la littérature, ou au moins plus mise en avant. Mais le problème de ce livre, c'est la vision que l'auteur en donne. Tout se passe très rapidement, et surtout, très bien. Un peu de positif ne peut faire de mal, mais ce livre se révèle clairement utopique. Si l'acceptation de soi est plutôt bien traitée, on ne peut pas en dire autant sur l'acceptation des "autres". Tout le monde prend bien la nouvelle, personne ne se moque, personne ne juge, tout le monde soutient et on change de sexe en un claquement de doigt. Je n'exagère qu'à peine, car un seul personnage se révèle dérangé par la nouvelle, ce qui est bien trop peu pour être un tant soit peu réaliste.
Et c'est vraiment dommage, car ce livre se lit très facilement, mais l'auteur semble avoir privilégié le fond à la forme, ce qui est navrant quand on voit la façon dont la thématique est traitée. Ce roman n'était pas loin d'être bon, mais il faut souligner qu'il a au moins le mérite d'exister.

lundi 2 octobre 2017

Geoffrey A. Landis - Le Sultan des Nuages

Quatrième de couverture :
L’humanité a colonisé le système solaire au bénéfice de consortiums privés omnipotents régnant sur les transports spatiaux. Et ce jusqu’à la plus infernale des planètes, Vénus, dans l’atmosphère létale de laquelle flottent de stupéfiantes cités volantes, véritables miracles de technologie high tech. Plusieurs milliers d’entre elles sont sous la coupe d’un seul et même individu, Carlos Fernando Delacroix Ortega de la Jolla y Nordwald-Gruenbaum, le sultan des nuages, qui n’entrera en pleine possession de son héritage qu’une fois marié, et dont l’immense pouvoir attire toutes les convoitises. Pour David Tinkerman et le Dr Léa Hamakawa, scientifiques récemment arrivés de Mars en vue d’une expertise, les forces souterraines à l’œuvre autour du jeune satrape vont vite s’avérer plus mortelles que Vénus elle-même…

Mon avis : 16/20
Une fois de plus, la collection Une Heure-Lumière ne cesse de nous surprendre dans le positif. Et cette fois, c'est avec un fabuleux récit de hard science (mais pas trop, promis), car c'est ce qui fait tout son charme. Le récit nous fait voyager sur Vénus dont les descriptions nous donneraient presque envie d'y emménager. L'auteur ne manque pas de parler du côté "social" de cette planète, on y découvre les moeurs (un peu malsaines de mon point de vue de terrienne arriérée), les loisirs mais aussi la politique de cette planète. A aucun moment on ne tombe dans des explications barbantes, car tout est parfaitement dosé et maîtrisé. L'intrigue s'impose comme un fil conducteur qui rend la lecture addictive, l'auteur réussit avec habileté à nous décrire un monde complexe de façon claire. L'écriture est parfaitement équilibrée, les détails sont présents mais ne noient jamais le lecteurs.
Le seul bémol de ce livre serait que le dénouement arrive comme un cheveux sur la soupe, mais ce n'est qu'un petit détail qui est dû au format court, d'autant plus qu'il n'enlève rien à la puissance du récit.

D'autre avis :

samedi 2 septembre 2017

Triple Minis Chroniques (3)

Pascal Garnier - Les Hauts du Bas ≈ 14/20

Un ton cynique et des personnages atypiques... Ce livre mêle à la fois les émotions et l'humour noir, les personnages sont touchants malgré leurs défauts évidents, et Edouard Lavenant (ndlr : le protagoniste) porte le roman à lui tout seul. L'écriture est à la fois fluide et pleine de style, une très bonne lecture.


Marcella Iacub - M le Mari ≈ 05/20

Une franche déception pour ce roman dont la quatrième de couverture était prometteuse. L'écriture est sans style, l'histoire sans goût et les personnages très fades... Je n'y ai pas vu un grand intérêt à la lecture, et je ne sais pas trop quoi ajouter tant la lecture de ce livre ne m'a pas marqué. Dommage.



Bob Shacochis - La femme qui avait perdu son âme ≈ 17/20
- COUP DE COEUR -

Après près d'un an réfléchir à ce livre, je me sens toujours aussi incapable d'en donner un avis un minimum argumenté, et encore moins une critique constructive. Ce roman est long à démarrer (ce qu'on pardonne facilement pour le pavé que c'est), mais une fois que l'on est dedans, il est prenant. Il nous rend dingue. Et comme dirait ma collègue préférée, l'intrigue n'est qu'une toile incompréhensible qui se tisse autour de nous jusqu'au dénouement qui nous laisse bouche bée. Ce livre déroute, donne deux trois claques au passage, et nous laisse complètement perdu. A aimer, à détester, mais à lire absolument.



mercredi 30 août 2017

J.K Rowling - Une Place à Prendre (Lu par Philippe Résimont)

Quatrième de couverture :
Bienvenue à Pagford, petite bourgade anglaise paisible et charmante : ses maisons cossues, son ancienne abbaye, sa place de marché pittoresque… et son lourd fardeau de secrets. Car derrière cette façade idyllique, Pagford est en proie aux tourmentes les plus violentes, et les conflits font rage sur tous les fronts, à la faveur de la mort soudaine de son plus éminent notable.
Entre nantis et pauvres, enfants et parents, maris et femmes, ce sont des années de rancunes, de rancœurs, de haines et de mensonges, jusqu’alors soigneusement dissimulés, qui vont éclater au grand jour et, à l’occasion d’une élection municipale en apparence anodine, faire basculer Pagford dans la tragédie.

Mon avis : 7/20
Avant même de commencer ce billet, je tiens à dire que je n'exprimerai jamais aussi bien mon avis que Xenaddict sur ce même livre. Elle a TOUT DIT.
Et c'est très dur d'exprimer un avis sur ce livre quand on ne sait pas soi-même ce que l'on en pense vraiment. En parlant de J.K. Rowling, on est obligé de citer ne serait-ce qu'une fois, la saga Harry Potter. Voilà qui est fait. Et ce n'est pas pour faire de comparaison entre les différentes oeuvres, car la comparaison est tout bonnement impossible. Un choix volontaire ? Sûrement. Un bon choix ? Hum... loin de là.
Car Une Place à Prendre est un livre déprimant. Attention, l'auteure a toujours cette écriture qui nous fait aller plus loin dans la lecture, mais c'est bel et bien le seul point positif que l'on peut en retirer. Car l'intrigue, ses personnages et tout ce qui constitue le roman se réunissent sous la même aura de noirceur : ce roman est glauque. Mais pas "glauque" comme un policier ou un roman noir peuvent l'être. Cette caractéristique ici s'apparente plutôt à quelque chose de malsain. Tous ces personnages sont vils et prêts à tout pour une simple élection municipale. La série Gossip Girls est dix fois moins manichéennes que ce livre. Il faut savoir que le seul personnage un tant soit peu positif de ce roman est mort et il se marcher dessus par tous ceux qui restent. Voilà qui donne une bonne idée de ce qu'est ce livre.

Niveau audio, on ne peut que constater les talents d'interprétation du doubleur Philippe Résimont, il donne véritablement vie aux mots. C'est le gros point positif de cette lecture audio (alternée ace la lecture papier).

 Autre avis :
 Xenaddict