jeudi 21 juin 2012

Vladimir Nabokov - Lolita


Quatrième de couverture :
Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois, contre les dents. Lo. Lii. Ta.

Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l’école. Elle était Dolores sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. 

Mon avis : 15/20
J'ai commencé à lire ce livre l'année dernière, mais j'ai abandonné dans la deuxième partie parce que je trouvais qu'il y avait de moins en moins de rebondis. Seulement, cette année je l'ai étudié en cours, j'ai donc été forcée de le relire et, cette fois, aller jusqu'au bout. Quand on commence un livre pareil, on s'attend tout de suite à trouver Humbert (le personnage principal avec Lolita) ignoble, répugnant. Mais à ma première lecture, j'ai d'abord été surprise que Lolita soit aussi... consentante. En fait, j'ai plus été dégoutée de cette jeune fille qui provoque volontairement Humbert. Forcément on arrive à se dire "le pauvre, c'est lui la véritable victime en fait".
Bien sûr, tout ça, c'était avant de l'étudier minutieusement en cours. J'ai étudié ce livre, et j'ai donc appris que Nabokov utilisait un nombre incroyable de figures de styles et de rhétorique pour faire passer, justement, Lolita comme une petite fille provocante, le tout, sous le point de vue de Humbert. Je ne sais pas si vous me suivez. En gros, en lisant ce livre, il ne faut absolument pas oublier que le narrateur est Humbert, et que tout ce qu'il raconte, est uniquement raconté de son point de vue. Quand il dira que pendant l'amour, Lolita pleurait de joie tant elle était heureuse, il faut se dire que Lolita pleure, et que lui pense que ce sont des larmes de joie. 
C'est sûr que lorsqu'on apprend ça, la lecture du livre prend une toute autre forme. On ne voit plus Lolita comme une petite "garce" mais comme une fille tout à fait normale, que Humbert prend pour de la provoque. Le problème, c'est que tout au long de l'histoire, elle en joue aussi, du coup le doute est toujours présent. Elle fait sans arrêt du chantage à Humbert, et elle le tient par les c***lles ! 
En fait, après réflexion, c'est là qu'on se rend réellement compte du génie de Nabokov. J'ai toujours pensé qu'on lui attribuait son génie au fait qu'il avait écrit un livre sur la pédophilie, et qu'on arrivait à avoir de la sympathie pour le pédophile en question, mais la réalité, c'est que Nabokov arrive à nous faire penser que tout est la faute de Lolita, qui n'est pourtant qu'une petite fille normale.

Adaptation cinématographique :
J'ai vu la dernière adaptation (celle de 1997 de Adrian Lyne), et je trouve que dans ce film, on trouve justement ce même esprit d'une Lolita provocante (ce qui fait d'autant plus penser que le livre est écrit dans ce sens). Il manque tout de même certains détails du livre qu'on voudrait voir. Je suis donc plutôt déçue par cette adaptation cinématographique, bien qu'elle ne soit pas catastrophique. 


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