mardi 13 août 2013

Chester Brown - 23 Prostituées

Quatrième de couverture :
Au terme de sa rupture avec Sook-Yin Lee, Chester Brown décide qu'il ne veut plus de petite amie. Trois ans d'abstinence plus tard, il décide de sauter le pas et de fréquenter les prostituées.

Mon avis : 18/20 - COUP DE COEUR -
C'est en trainant dans Decitre que je suis tombée sur cette BD. Elle m'a d'abord intriguée, puis je l'ai laissée de côté. Mais en rentrant chez moi je me suis rendue compte que j'avais envie de la lire, mais impossible de me souvenir de nom de l'auteur... J'ai donc cherché sur internet des informations, et j'ai retrouvé l'auteur et le titre exact de la BD. Je suis aussi tombée sur l'avis d'une féministe qui se révoltait d'une telle BD. C'est ce qui m'a encore plus convaincue d'acheter et de lire cette BD rapidement. 
Parlons d'abord des dessins. Il est clair que l'on n'achète pas cette BD pour les dessins, ils sont très simples et en même temps, c'est justifié par le thème du livre. 
Le thème est donc, comme le titre l'indique, la prostitution. Le thème est abordé du point de vue de l'auteur qui voudrait la légalisation de celle-ci. Je pense qu'il faut pouvoir partager son avis pour apprécier la lecture de cette BD, parce que lorsque l'auteur discute avec ses amis (car il est le personnage principal de la BD, qui est une BD autobiographique), les discussions tournent vite au débat pour/contre la prostitution. On a donc trois amis, celui qui est totalement contre et qui ne veut pas en entendre parler, Chester Brown qui est évidemment pour, et le troisième (son nom ne me revient pas) qui se dit plutôt pour mais tout en respectant certaines règles. Ce dernier est sûrement l'avis le plus intéressant, car tous ses arguments sont des arguments que l'on peut entendre de la bouche de n'importe qui lors d'un tel débat. Des arguments qui font "bien" mais en réalité, lorsque l'auteur creuse ces arguments, on se rend compte qu'ils n'ont aucun sens logique. 
En ce qui concerne les prostituées, l'auteur leur a garanti un total anonymat, et aucun de leur visage n'est dessiné. C'est peut-être le point qui me gêne le plus, bien que je comprends tout à fait cette décision. Je veux dire par là que l'auteur change leur nom et ne dessine aucun signe qui pourrait faire en sorte qu'on les reconnaisse (tatouages, cicatrices...). Mais alors, pourquoi n'a-t-il pas voulu dessiner un visage "différent" du visage réel ? Ce n'est pas comme si la BD était réaliste avec des dessins très ressemblants. Les prostituées auraient au moins mérité cela je pense. Après je comprends aussi la décision de l'auteur donc je n'en tiens pas grief. 
Pour finir, j'aimerais revenir sur la relation entre les prostituées et l'auteur. Evidemment, l'auteur nous présente les prostituées comme des "femmes objets", mais contrairement à certains avis que j'ai lus, je ne vois pas cela comme de la misogynie du tout. En fait, je trouve que l'auteur nous offre une vision plutôt réaliste de la prostitution, car aujourd'hui la prostituée est vue comme tel, et l'auteur nous montre bien dans l'oeuvre que lui-même ne pense pas cela (puisqu'il discute avec plusieurs d'entre elles et il les défend auprès de ses amis). En fait, l'auteur nous présente les prostituées, en généralité, comme des "objets" mais, individuellement, il en parle comme des femmes tout à fait normales qui méritent d'être traitées comme telles.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire