lundi 24 mars 2014

Efraim Medina Reyes - Il était une fois l'amour, mais j'ai dû le tuer

Quatrième de couverture :
Tu me rappelles un poème que j’ai oublié
une chanson qui n’a jamais existé
et un lieu où je ne serais jamais allé.

«Comme je ne sais pas qui haïr, c’est lui que je hais, comme il n’y a pas de coupable, c’est lui que j’accuse, comme il n’y a pas d’ennemi, je fais de lui mon ennemi. Mon amour est surnaturel, un péché sans Dieu, une série télé sans fin, une nouvelle pub pour de la margarine. Comme c’est moi que je dois tuer, je tue l’amour. Comme c’est moi l’incendiaire, l’innommable, c’est lui que je nomme. Comme je n’ai pas pu dire à une certaine fille combien je l’aime, je le dis au monde entier. »

Mon avis : 18/20 - COUP DE COEUR -
Comment ne pas acheter un livre qui porte un titre pareil ? Et bien on ne résiste pas. Et cette auto-fiction est à la hauteur de ce que l'on attend d'elle à première vue. Le style acide et cruel de l'auteur mélange la poésie au réalisme sale, et l'on n'a pas envie de refermer le livre, même une fois terminé. L'écriture nous force à nous attacher au personnage narrateur puisque l'on a l'impression qu'il pense par écrit, qu'il se livre à nous en présentant, en parallèle à son histoire, les histoires de Sid Vicious et Kurt Cobain. 
Rep est complètement misanthrope et égocentrique, la seule personne qu'il aime plus que lui est "une certaine fille" dont on ne connait jamais le nom. Mais ce n'est absolument pas gênant, parce qu'on le prend tel qu'il est et on ne voudrait surtout pas qu'il change. Le contraste est fort entre les moments où il parle d'une "certaine fille" où le langage est très poétique, et le reste du roman où il se déchaîne contre le monde entier. 
Ce livre n'a pas de réelle intrigue définie, il est un recueil de toutes les souffrances du narrateur et de toutes ses espérances : la femme qu'il aime est partie, il ne la fera jamais revenir et il le sait. Mais malgré l'absence d'intrigue, on ne s'ennuie pas, car la vivacité de l'écriture fait avancer le texte. L'écriture est aussi belle que le personnage intéressant. Les personnages secondaires portent vraiment bien leur nom puisque le roman est entièrement concentré sur le narrateur, et cela nous suffit amplement. On veut tout savoir de ce personnage torturé qui parle si bien tout en parlant si mal. On ressent la sincérité du personnage et il est difficile de le distinguer de l'auteur. 
Ce livre est un concentré de choses que j'aime retrouver : les séquelles d'une histoire d'amour qui a mal fini, un personnage plus fort que tout complètement détruit de l'intérieur, une écriture à la fois crue et poétique, de bonnes références (rock'n'roll !) et un titre qui déboîte tout. 

Citations :
- "Tout le monde peut simuler l'amour. Mais la haine est trop réelle."
- "Je ne mens plus parce que je suis à court d'imagination, mais rien n'est fiable dans mes vérités."
- "T'es un connard sans identité."
- "Il est stupide de croire que nous ne pouvons pas tout quitter. Nous sommes faits de cette capacité au renoncement."
- "Les chats sont des êtres discrets car, dans la mesure du possible, ils s'efforcent de cacher leur merde. Nous, en revanche, nous ouvrons des librairies, des musées, des cinémas, toutes sortes d'endroits pour l'exposer."

Musique :
Cette chanson me fait penser à ce livre :

4 commentaires:

  1. Je le voulais déjà. Je le veux toujours. Je proteste.

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  2. bonjour!
    Je suis en train de lire "Erase una vez el amor pero tuve que matarlo", j'ai la chance de pouvoir le lire en V.O. J'adore!
    As-tu lu "Déchirés" de Peter Stenson? le dernier livre qui m'a énormément plu.
    Bonne continuation!
    Guénaëlle

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    1. Non je ne l'ai pas lu mais je prends note :D

      Tu as de la chance de pouvoir le lire en VO, je suis actuellement en Amerique Du Sud et je le recherche dans chaque librairie, impossible de le trouver ^^
      Je vais devoir le commander en France je suppose :)

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