mercredi 3 septembre 2014

Tony O'Neill - Du Bleu sur les Veines

Quatrième de couverture :
Notre héros a de gros soucis : une femme qu’il connaît depuis deux jours à peine, pas de job, pas d’argent et un budget stupéfiants ayant explosé depuis longtemps toutes les limites, dans un Los Angeles qui n’a jamais fait de concessions aux égarés. Mais là n’est pas le principal intérêt du roman. Oui, on y trouve des histoires de deals, d’amitié perdue, de souffrance, de sexe et de relations superficielles.
Bien sûr il y a les motels pourris, les crises de manque, les cliniques de méthadone et la recherche permanente du « high ». Et non il n’y a aucun romantisme, aucune morale, et pas de retour des ténèbres vers la lumière. Mais ce douloureux et croissant besoin de dope, qui vous fait pactiser avec le Diable, est aussi une quête sans fin pour trouver un sens à sa propre vie. Et c’est ce qui propulse Du bleu sur les veines bien au-delà du traditionnel parcours fléché « addiction / rédemption ».
L’aventure d’un musicien-écrivain qui cherche en lui-même ce qu’il y a de plus précieux : un fragment d’amour oublié mais intact-amour-propre, amour pour les autres. Et l’amour autorise l’espoir, même si aucun message explicite dans ce sens ne nous est fourni par cette histoire magnifiquement racontée où Tony O’Neill, sans effort apparent et avec beaucoup de finesse, nous fait apprécier le pouvoir et la grâce de l’écriture.
Car après la seringue c’est le stylo qui a changé sa vie, cette fois en bien.

Mon avis : 16/20
Avis aux amateurs de décadence, ce livre est fait pour vous. Cette autobiographie retrace le parcours de l'auteur, de son petit empire (musicien dans un groupe de rock) à sa propre déperdition (junkie total). La transition se fait assez rapidement, les drogues dures s'enchaînent et nous entraîne dans un monde inconnu (enfin j'espère pour vous). Ce récit est envoutant, on se laisse prendre à son histoire et on suit avec lui sa bataille contre l'addiction, bataille qu'il perd bien facilement à chaque fois. Un peu de volonté... et revoilà le narrateur avec une seringue au bout du bras. Ce livre ne peut laisser indifférent, il est tellement réel que l'on a l'impression de vivre avec lui chacune des injection qu'il se fait. Chaque fixe de cocaïne entre dans nos veines à travers son écriture. Son histoire de junkie, qu'il revit en même temps qu'on le découvre, nous donnerait presque envie de la vivre à notre tour. Et pourtant ce livre n'est en aucun cas un éloge de la drogue. Pas une seule fois l'auteur ne nous parle de l'héroïne comme d'une chose positive, ni même "à essayer". Cependant sont écriture qui parait si "normale" arrive à nous rendre accroc à une drogue l'on n'a même pas goutée. La force de cette autobiographie, c'est la façon dont l'écrivain nous expose son histoire sans se blâmer, sans vouloir se justifier : il aime la se droguer, c'est tout. Il est juste modestement là pour nous raconter son histoire, et il le fait merveilleusement bien. 

"Pas des mains dont on peut être fier. Des mains qui sont devenues molles et fragiles pour avoir été mal utilisées."

4 commentaires:

  1. Hum, je t'avoue que ce n'est pas le genre de lecture qui me plait.
    Ça m'étonnerait que je lise ce livre un jour, mais ton avis est intéressant ;-)

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    1. Oui je comprends, c'est un livre assez particulier quand même :)

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  2. Il m'a l'air pas mal dis !
    (et j'aime toujours autant ces couvertures)

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