vendredi 30 décembre 2016

Olivier Gay - Les Mannequins ne sont pas des Filles Modèles

Quatrième de couverture :
Fitz, Deborah et Moussah forment un inséparable trio de noctambules parisiens. Et voilà Moussah en couple et amoureux. D'un mannequin, pour couronner le tout. Mais la superbe Cerise disparaît du jour au lendemain, à l'aube d'un concours qui aurait pu changer sa vie. A-t-elle décidé de tout plaquer sur un coup de tête ?
A la demande de Moussah, Fitz enfile le manteau d'enquêteur qui lui va si bien. Bien sûr, les autres participantes ont tout intérêt à éliminer Cerise, grande favorite de la compétition. Mais est-il possible que ces créatures de rêve se transforment en criminelles pour parvenir à leurs fins ? Fitz a pourtant toujours eu un faible pour les filles modèles...

Mon avis : 14/20
Voici le second livre où l'on retrouve nos très chers protagonistes. Dans l'ordre, c'est le second, mais c'est bel et bien le dernier que j'ai lu, et celui que j'ai le moins aimé. Overdose de Fitz ou simple baisse de régime de la part de l'auteur ?
Et bien détrompez-vous, on reste quand même sur du très bon polar, avec toujours les mêmes personnages (fidèles à eux-mêmes). L'humour est toujours présent, l'enquête nous tient en haleine (même si, encore une fois, les grands amateurs du genre trouveront assez facilement la fin), et une fois de plus ce n'est pas l'enquête qui est vraiment au centre de l'oeuvre mais les personnages que l'on considère vraiment comme des amis et que l'on ne veut pas quitter.
Pas mal de points forts alors. Mais après avoir lu les trois autres livres de la même série, il faut avouer que celui-ci était un poil au-dessous. Le personnage principal, Fitz, tombe parfois dans la caricature de lui-même ce qui donne une humour parfois lourd à la limite du vulgaire. Sauf que le point fort de cette série, et bien c'est ce personnage justement. L'auteur a toujours réussit à doser parfaitement l'humour et le sérieux du personnage. Mais ça marche moins dans ce tome-là.
Rien de grave, ce livre se lit quand même très bien et les petits points négatifs ne sautent pas aux yeux non plus, pas au point d'enlever cette série de mes série policières coups de coeur. 

Mon avis sur :

D'autres avis ?

vendredi 23 décembre 2016

Simon Liberati - California Girls

Quatrième de couverture :
« En 1969, j’avais neuf ans. La famille Manson est entrée avec fracas dans mon imaginaire. J’ai grandi avec l’image de trois filles de 20 ans défiant les tribunaux américains, une croix sanglante gravée sur le front. Des droguées… voilà ce qu’on disait d’elles, des droguées qui avaient commis des crimes monstrueux sous l’emprise d’un gourou qu’elles prenaient pour Jésus-Christ. Plus tard, j’ai écrit cette histoire le plus simplement possible pour exorciser mes terreurs enfantines et j’ai revécu seconde par seconde le martyr de Sharon Tate. »
Los Angeles, 8 août 1969 : Charles Manson, dit Charlie, fanatise une bande de hippies, improbable « famille » que soudent drogue, sexe, rock’n roll et vénération fanatique envers le gourou. Téléguidés par Manson, trois filles et un garçon sont chargés d’une attaque, la première du grand chambardement qui sauvera le monde. La nuit même, sur les hauteurs de Los Angeles, les zombies défoncés tuent cinq fois. La sublime Sharon Tate, épouse de Roman Polanski enceinte de huit mois, est laissée pour morte après seize coups de baïonnette. Une des filles, Susan, dite Sadie, inscrit avec le sang de la star le mot PIG sur le mur de la villa avant de rejoindre le ranch qui abrite la Famille.
Au petit matin, le pays pétrifié découvre la scène sanglante sur ses écrans de télévision. Associées en un flash ultra violent, l’utopie hippie et l’opulence hollywoodienne s’anéantissent en un morbide reflet de l’Amérique. Crime crapuleux, vengeance d’un rocker raté, satanisme, combinaisons politiques, Black Panthers… Le crime garde une part de mystère.
En trois actes d’un hyper réalisme halluciné, Simon Liberati accompagne au plus près les California girls et peint en western psychédélique un des faits divers les plus fantasmés des cinquante dernières années. Ces 36 heures signent la fin de l’innocence.

Mon avis : 15/20
Il est très dur de parler de ce livre. Il est bien écrit, manifestement très documenté, mais il manque un petit quelque chose pour atteindre le coup de coeur de dingue.
Quoi donc me direz-vous ? Et bien commençons par les points positifs.
L'histoire retrace les 36 heures avant/pendant/après le massacre de Sharon Tate par la secte de Charles Manson. Comme dit plus haut, l'auteur s'est particulièrement bien documenté sur l'affaire, les descriptions des scènes criminelles étant notamment très précises, les images marquent et finissent par rester en tête après même avoir fini le livre. Il y a une réelle volonté de coller à la réalité, ce qui est vraiment appréciable car on ressort de cette lecture avec plus de curiosité (voyeurisme ?) sur cette histoire. Mais en se renseignant on se rend compte que l'auteur a déjà tout dit dans ce livre.
En réalité, ce livre raconte des faits, nous fait entrer dans cette famille si particulière qu'est la famille Manson, mais il le fait sans prendre parti. Cela peut être un point positif comme négatif, car à la fois on (re)découvre l'histoire de façon objective mais on peut aussi trouver que le récit manque parfois "d'âme".
L'aspect manquant de ce récit est selon moi le côté psychologie des filles de Manson. Il n'est absolument pas étudié, ce qui est logique si l'on suit "les faits, juste les faits". Heureusement pour nous, The Girls (de Emma Cline) est un livre sur le même thème mais qui étudie principalement la psychologie d'une fille lambda qui pourrait tomber dans une telle secte. Complémentaires, ces deux livres ? Assurément.

lundi 12 décembre 2016

Fabrice Colin - Jenny

Quatrième de couverture :
Cayucos, Californie. Dans une villa au bord du Pacifique, un homme désespéré remplit un cahier noir. Dans sa cave, ligotée, une femme obèse, à peine consciente. Avant de la tuer, l’homme veut raconter son histoire.

Quelques mois plus tôt… Un an après la disparition de sa femme, le chroniqueur Bradley Hayden est détruit. Il s’étourdit dans des liaisons sans lendemain via un site de rencontres. Un jour, se présente une femme qui ne correspond en rien à la description qu’elle a faite d’elle. Jenny, 300 livres, QI redoutable, lui montre une vidéo de son épouse. April est en vie. Obéis-moi en tout, et elle le restera.
Dès lors, Bradley est contraint de suivre Jenny dans une épopée meurtrière.
Traqués par la police, ils sillonnent le pays tandis que Ron, le détective privé aux méthodes zen peu conventionnelles, tente de retrouver April.
Pourquoi Jenny tue-t-elle ? A-t-elle choisi April au hasard ? Bradley pourra-t-il retrouver sa femme à temps ?

Entre passé et présent, scandales politiques et cavale meurtrière, déserts brûlants et cités labyrinthiques, un terrible compte à rebours est enclenché, aux portes de la folie.

Mon avis : 18/20 - COUP DE COEUR -
Wouah.
C'est le seul mot qui nous reste à la bouche lorsque l'on referme cette merveille.
L'auteur nous fait entrer dans une paranoïa sans fin, et l'on se retrouve au même stade que le narrateur : perdu dans l'incompréhension. Pourtant, tout commençait comme dans un thriller assez banal, mais c'est petit à petit que le narrateur (et du coup le lecteur) perd pied et s'enfonce dans une spirale monstrueuse.
L'oeuvre prend petit à petit une tournure assez malsaine qui nous hante et qui nous empêche de refermer le livre sans avoir compris ce qu'il se passe. Car toutes les hypothèses sont possibles, plausibles. Et on les envisage toutes plus que les autres. L'atmosphère de ce livre est particulière, il plane une sorte de tension implacable qui nous happe durant notre lecture.
L'auteur réussit à nous présenter de façon simple des personnages complexes, le tout agrémenté de plusieurs références qui nous permettent de mieux appréhender les différents protagonistes et leur situation, ce qui renforce d'autant plus cette intrigue déjà complètement folle.
L'auteur a vraiment bien fait son travail car on continue de penser à son livre une fois terminé car on ne peut se détacher d'une telle histoire aussi facilement.

Tu as dit une oeuvre magistrale ? Oui, assurément.


dimanche 13 novembre 2016

Gillian Flynn - Nous Allons Mourir Ce Soir

Quatrième de couverture :
Après une enfance difficile, la narratrice anonyme devient travailleuse du sexe. Des années d’expériences ont développé chez elle un véritable don pour décrypter la psychologie de ses interlocuteurs, leurs intentions et leurs envies. Aussi lui arrive-t-il de donner des conseils à des âmes en peine. Lorsqu’elle rencontre Susan Burke, une femme aisée aux prises avec une situation dramatique, elle lui propose de l’aider. Susan et sa famille ont emménagé à Carterhook Manor, une vieille demeure inquiétante, marquée par une violente histoire vieille de cent ans. Sur place, la narratrice rencontre Miles, le beau-fils de sa cliente, un adolescent au comportement étrange et glaçant. Saura-t-elle découvrir toute la vérité sur Carterhook Manor et la famille qui l’habite désormais ?

Mon avis : 16/20
Gillian Flynn nous a habitué à de très bons thriller psychologiques (notamment avec Les Apparences) et voilà qu'elle revient avec une nouvelle/novella. Mais que peut-on attendre ce livre ? Et bien... il est totalement à la hauteur de nos espérances.
L'auteur sait parfaitement manier la psychologie de ses personnages mais aussi celle de son lecteur, et elle le démontre une fois de plus. Le texte est crédible, l'écriture est fluide, les personnages sont travaillés de façon subtile, on a du suspens et on ne voit absolument pas la chute arriver (et celle-ci nous laisse quand même dans le doute une fois installée).
Vous allez me dire que c'est le propre d'une nouvelle mais : elle est courte et efficace. 
Encore une fois Gillian Flynn réussit son pari, elle redonne envie de découvrir des textes courts car elle nous rappelle qu'ils peuvent être très bons quand l'auteur sait manier les outils qu'il a sa portée, notamment les attentes du lecteur.
Une très bonne nouvelle donc.

mercredi 2 novembre 2016

Rosa B - L'Antispécisme

Quatrième de couverture :
Qu’est-ce que le spécisme ? À quoi ressemble la vie d’un antispéciste ? L’homme est-il le nec plus ultra de la création ?
Que ces questions hantent vos nuits ou que vous n’ayez jamais entendu parler de ce concept, petit cours illustré d’antispécisme plein d’humour, un peu de mauvaise foi et bourré d’insolence !

Mon avis : 17/20 - COUP DE COEUR -
Après Insolente Veggie, voilà le nouveau livre de la bloggeuse éponyme (dont le blog est là ---> clik wesh), et évidemment, il est à la hauteur de la première BD.
On pourrait même dire qu'elle est mieux, car elle peut être lue par un public plus large. L'auteur nous présente donc le spécisme (déf : Le spécisme (du mot anglais speciesism de même sens) est la considération morale supérieure que les humains accordent à leur propre espèce, et le traitement discriminatoire qui en découle, notamment à l'encontre des animaux d'élevage, destinés à l'expérimentation ou considérés comme nuisibles) et ses problématiques (d'un point de vue vegan), et comme dans son premier tome, l'auteur aborde le sujet avec humour et dérision, tout en restant très engagée (mais l'antispécisme, c'est déjà un engagement, donc c'est logique).
En bref, il n'y a pas grand chose à ajouter par rapport à la première BD de l'auteur, on y trouve exactement ce qu'on venait y chercher, et les deux volumes se complètent à merveille.
A lire, à prêter, à faire tourner (comme les serviettes) !

lundi 31 octobre 2016

Adrien Tomas - Le Chant des Epines, Tome 1 : Le Royaume Rêvé

Quatrième de couverture :
Ils sont les héritiers des clans nordiques.
Ils rêvent d’unifier et de pacifier leurs terres.
Cet espoir se transformera-t-il en cauchemar ?

Voici la geste des jeunes héritiers des clans du Nord et de leurs compagnons. Voici la geste des princes otages, de celles et ceux qui ont pour projet d’unifier les marches du Gel pour en faire leur royaume rêvé, puissant, sûr et juste, gouverné avec sagesse.

Mais leur chemin vers cette quête sera semé d’embûches : le respect du peuple s’arrache dans le sang et les larmes, et la victoire sur leurs ennemis demandera de grands sacrifices. Lorsque le Nord, déjà affaibli par les querelles des Quatre Citadelles, devient la cible des mandragores, redoutables créatures issues des sombres enchantements des Elfes, le doute n’est plus permis?: ils sont la dernière chance de survie des marches du Gel. Pour les combattre, les lames, le verbe et la magie seront leurs seules armes.

Mon avis : 16/20
Après avoir lu Notre-Dame des Loups (et quel coup de coeur !) où Adrien Tomas nous proposait un magnifique western fantastique, le voilà de retour dans son genre de prédilection, la Fantasy.
Mais alors, que vaut ce premier tome ?
Et bien c'est une vraie réussite. Si l'histoire prend du temps à se mettre en place, la lecture n'en demeure pas moins agréable. Le monde crée par l'auteur est bien défini mais il ne nous assomme pas de détails insignifiants qui peuvent parfois gâcher la lecture. Non. L'auteur va droit au but, les descriptions sont simples mais efficaces : elles dirigent notre imagination sans jamais la devancer. Très bon point donc.
Mais le gros point positif de cette oeuvre, c'est son originalité : l'auteur insère à son intrigue des éléments de science-fiction mais aussi de fantastique. Il est important de préciser que le tout est fait de manière intelligente et là où l'auteur aurait pu tomber dans le "fourre-tout", il réussit à rendre la chose subtile, ce qui donne une singularité certaine à ce livre.
Bref, on ne le répète jamais assez, mais on possède en France un beau petit lots d'auteurs (notamment dans la SFFF) qui feraient pâlir les anglophones. Adrien Tomas est incontestablement une de ces petites perles qu'il faut lire, et faire lire.

mardi 25 octobre 2016

Davy Mourier - La Petite Mort(e)

Quatrième de couverture :
Personnage détestable et misogyne, Papa Mort, déçu d'avoir une fille, place la Petite Morte en école privée où ses copains de classe sont des faucheurs issus du folklore d'autres pays. Après des débuts difficiles, elle devient amie avec Mictlantecuhtli l'Aztèque (mais tout le monde l'appelle Mic), Hel la Scandinave et Orcus le Romain. Et surtout, elle tombe amoureuse de Patrick, le seul humain de l'école…

Mon avis : 19/20 - COUP DE COEUR -
Là où l'on pensait que Davy Mourier avait fait le tour de La Petite Mort, voilà qu'il réussit à se renouveler avec une version féminine (et féministe!) de celle-ci. Mais alors, est-ce que ce n'est pas du déjà vu ? Et là, je vous arrête tout de suite, car toutes les qualités de la précédentes trilogie sont présentes : l'humour noir, le cynisme et l'engagement de l'auteur sont bel et bien de la partie.
La forme, jolie voir ingénue, tranche avec le fond qui lui est sombre et violent. Mais que dire qui n'aurait pas déjà été dit sur les précédents livres ? Et bien... pas grand chose. Ah si, elle est encore meilleure que les trois autres tomes réunis. Et oui, c'est possible.

lundi 17 octobre 2016

David Gordon - Polarama

Quatrième de couverture :
“Tout a commencé le matin où, affublé d’une robe de ma défunte mère, en compagnie d’une collégienne de quinze ans qui était par ailleurs mon associée, j’ai reçu une lettre d’un pénitencier et découvert qu’un tueur en série condamné à mort était mon plus grand fan.”
Le tueur en série, c’est Darian Clay, reconnu coupable du meurtre de quatre femmes qu’il a dépecées et arrangées en installations “artistiques” avant de les prendre en photo, mais dont on n’a jamais retrouvé les têtes. L’auteur dont Clay appréciait particulièrement la chronique érotique dans Chaud Lapin, c’est Harry Bloch, écrivain aux ambitions contrariées, père d’une flopée de romans de science-fiction et de sagas sur les vampires publiés sous divers noms d’emprunt.
À quatre-vingts jours de son exécution, Clay propose un marché à Bloch : rencontrer les filles avec qui il a établi une correspondance torride en prison pour écrire des scénarios érotiques le mettant en scène avec elles, en échange de quoi Clay s’engage à faire des révélations sur des points non élucidés des enquêtes le concernant. Bloch, qui n’a jamais su faire les bons choix de carrière, décide d’accepter…

Mon avis : 16,5/20
Voilà un polar qui n'est pas anodin, et bien sûr, c'est chez Babel Noir que l'on découvre ce genre de petites pépites.
Polarama, c'est à la fois un livre policier bien écrit et avec du suspens, mais ce qui le rend unique c'est la portée réflexive que l'auteur apporte à son récit.
Car ici, tout est réuni. Déjà, on a une belle intrigue, assez classique en tant qu'intrigue policière, mais très mauvais genre (et ça, ça m'a convaincue !). L'auteur nous mène par le bout du nez du début à la fin. L'enquête est menée par un trio assez insolite (dont notre narrateur) et chacun des personnages a quelque chose à apporter à l'histoire.
Ce polar a la qualité d'être bien écrit, on ne peut le jeter au rang de "vieux roman de gare" car il possède quelque chose de plus. D'autant plus que l'auteur nous offre une magnifique réflexion sur la littérature et sur le travail d'écriture en règle général. A travers son narrateur (qui est écrivain), on se pose des questions essentielles sur la littérature. Qu'est-ce qu'un bon livre ? L'écrivain doit-il écrire pour lui ou son lectorat ? Doit-il se contenter de n'écrire que les livres d'un même genre ?
Bien évidemment, ces questions n'auront pas de réponses, mais ce n'est pas ce n'est jamais ce qui importe lorsqu'on se les pose.
Malgré sa quatrième de couverture qui laisserait penser à un livre qui se fout de toutes les règles, on se retrouve face à un beau livre rempli de réflexions qui ne gâchent pas un seul instant le plaisir du polar addictif que l'on recherchait. Il serait dommage de passer à côté.

dimanche 2 octobre 2016

Olivier Gay - Les Talons Hauts Rapprochent les Filles du Ciel

Quatrième de couverture :
Un serial killer rôde dans les rues de Paris. Plusieurs filles sont retrouvées assassinées de manière atroce dans leur appartement. Leur seul point commun ? Elles fréquentaient toutes le milieu de la nuit et les clubs à la mode.
John-Fitzgerald, surnommé Fitz par ses amis, est un parasite par excellence. Dragueur paresseux et noctambule, il partage sa vie entre les soirées parisiennes, son amour des jeux en réseau et la vente de coke à la petite semaine. Ce héros improbable va se retrouver au coeur d'une enquête de plus en plus dangereuse, avec l'aide de ses conquêtes d'un soir et de ses amis toxicomanes.
Grande gueule maladroite, incompétent notoire, séducteur au grand coeur, il semble bien mal armé pour affronter les bas-fonds parisiens. Mais tant qu'il y aura de l'alcool, la fête sera plus folle.

Mon avis : 17,5/20 - COUP DE COEUR -
Quand on veut être logique, c'est par ce tome-là que l'on entame la découverte de la série de Fitz. Mais si la normalité n'est pas ton truc, tu peux aussi le lire en troisième. Et c'est ce que j'ai fait. J'avais évidemment un peu peur d'avoir été spoilée par les tomes suivants, mais je vous rassure, chaque ouvrage peut se lire indépendamment des autres. Très bon point pour Oliv' donc.
Je vais faire comme si je n'avais jamais chroniqué Mais je fais quoi du corps ? car les répétitions sont incontournables.
Dîtes au revoir aux vieux flics alcooliques et autres clichés du polar, car Olivier Gay dépoussière complètement le genre policier. L'auteur réussit à mêler intelligemment l'humour au suspens, l'écriture est fluide ce qui fait que ce livre se lit tout seul. Les héros (cf : le anti-héros et ses deux acolytes) ont beau ne pas être travaillé en profondeur, ils prennent le dessus sur l'enquête elle-même. A la fin du livre on se surprend à vouloir passer plus de temps avec eux comme si on les connaissait personnellement.
L'enquête en elle-même se tient mais la fin peut se laisser deviner. Est-ce vraiment un problème ? Non. De par ses nombreuses références, ce livre est ancré dans notre époque, et tout ce que vit le personnage, on le comprend et on s'assimile à lui. On a vraiment cette sensation de vivre un moment de sa vie plutôt qu'une enquête. Et c'est pour ça qu'il faut se lancer sans plus hésiter dans cette lecture.

jeudi 22 septembre 2016

Ken Liu - L'homme qui mit fin à l'Histoire

Quatrième de couverture :
Futur proche.
Deux scientifiques mettent au point un procédé révolutionnaire permettant de retourner dans le passé. Une seule et unique fois par période visitée, pour une seule et unique personne, et sans aucune possibilité pour l'observateur d'interférer avec l'objet de son observation. Une révolution qui promet la vérité sur les périodes les plus obscures de l'histoire humaine. Plus de mensonges. Plus de secrets d'État.
Créée en 1932 sous mandat impérial japonais, dirigée par le général Shiro Ishii, l'Unité 731 se livra à l'expérimentation humaine à grande échelle dans la province chinoise du Mandchoukouo, entre 1936 et 1945, provoquant la mort de près d'un demi-million de personnes… L'Unité 731, à peine reconnue par le gouvernement japonais en 2002, passée sous silence par les forces d'occupation américaines pendant des années, est la première cible de cette invention révolutionnaire. La vérité à tout prix. Quitte à mettre fin à l'Histoire.

Mon avis : 19/20 - COUP DE COEUR -
Une fois de plus, la collection Heures Lumières de Bélial' envoie du gros pâté. En une centaine de pages, Ken Liu réussit à poser des questions indispensables sur l'Histoire et son appartenance. A qui appartient l'Histoire ?
Mais commençons par le commencement. Le scientifique Evan Wei a mis au point un procédé pour retourner dans le passé, et il s'intéresse plus particulièrement à la période où l'Unité 731 était en activité.
L'Unité 731, si tu ne connais pas, c'est une unité militaire de recherches bactériologiques japonaise (et sur l'échelle des expérimentations, elle est au niveau Nazi ++, tu vois le genre ?)
Le problème, c'est que chaque visite dans le passé détruit cette particule de l'Histoire (et si tu es malin, tu comprends mieux le titre du livre).
Et c'est à travers différents témoignages, différentes interviews que l'on découvre des petites parcelles de la sombre histoire japonaise. Mais de nouvelles questions se posent : peut-on se fier à la subjectivité d'un témoignage ? Un peuple doit-il payer pour les crimes de ses ancêtres au nom de la vérité ? Est-ce que tout acte peut être justifié par le contexte de guerre ?
Beaucoup de questions et très peu de réponses. Mais ce livre permet au lecteur de faire son propre cheminement de pensée. La forme (documentaire) permet à l'auteur de garder une certaine distance avec le texte, ce qui n'est pas le cas du lecteur qui se sent directement concerné par le sujet de l'oeuvre.

C'est un texte court mais intense qui laisse le lecteur face à sa propre réflexion, et c'est bien la preuve que l'on est face à un grand livre de science-fiction, si ce n'est un futur classique.

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vendredi 16 septembre 2016

Olivier Liron - Danse d'Atomes d'Or

Quatrième de couverture :
Un soir chez des amis, O. rencontre Loren, une acrobate fougueuse et libre aux cheveux couleur de seigle. Ils s’éprennent follement, s’étreignent et s’aiment le jour et la nuit dans la ville qui leur ouvre les bras. Mais Loren disparait sans un mot. Inconsolable, têtu O. la cherche jusqu’à Tombelaine en Normandie. Là, il apprendra pourquoi la jeune fille si solaire et fragile, est partie sans pouvoir laisser d’adresse. Librement inspiré d’Orphée et Eurydice, le ballet de Pina Bausch, Danse d’atomes d’or propose une nouvelle version du mythe. Ici, Eurydice n’a pas besoin d’Orphée… 
D’une beauté à couper le souffle, écrit avec la rage de vivre, le premier roman d’Olivier Liron s’inscrit dans le droit fil de L’écume des jours de Boris Vian.

Mon avis : 18/20 - COUP DE COEUR -
Entrer dans ce livre, c'est partager quelque chose de très personnel avec l'auteur. Et ça, on le sent dès les premières lignes.
Certes, il s'agit d'une relation amoureuse, mais résumer ce livre à une simple histoire d'amour n'aurait absolument aucun sens, Olivier Liron nous fait vivre quelque chose de fort, il nous faire ressentir plusieurs associations de sentiments pourtant contradictoires. Ce livre est à la fois tendre et violent, joyeux et triste, mélancolique et dans l'instant. L'auteur nous peint une tragédie fascinante mais qui reste dans le Vrai. Il n'y a pas une ligne qui ne donne pas envie de tomber amoureux pour vivre de telles émotions.
On pourrait citer les nombreux thèmes évoqués dans ce livre, mais la première chose qui saute aux yeux lorsqu'on lit cette oeuvre, c'est l'écriture. L'écriture est absolument magnifique. A la fois fluide et poétique, elle n'est jamais trop lourde et reste totalement accessible. La forme prend le dessus sur le fond tout en captivant suffisamment le lecteur pour qu'il continue toujours plus loin.
Il est clairement impossible de décrocher de ce livre une fois commencé. La beauté de l'œuvre vous en empêche.

D'autres avis ?

vendredi 2 septembre 2016

Patrick Senécal - Hell.com

Quatrième de couverture :
« Monsieur Saul, nous vous souhaitons la bienvenue parmi notre groupe sélect. Sachez que l'enfer est partout et qu'il accueille deux classes de résidents : les démons et les damnés. La grande majorité des humains font partie de la seconde classe ; seuls les privilégiés comme vous appartiennent à la première. Et en enfer, les démons ont tous les droits. »

Depuis qu'il a pris la tête de la société immobilière de son père, Daniel Saul est devenu l'un des hommes d'affaires les plus riches du Québec. Dans la jeune quarantaine, beau, fonceur, intelligent et sans pitié pour la concurrence et les losers, Daniel a tout pour lui et ne se gêne pas pour prendre le reste.

Quand Martin Charron, un financier et ancien confrère de collège, lui propose de devenir membre de Hell.com, un site Internet secret où tout – mais vraiment tout ! – est possible pour ceux qui le fréquentent, Daniel sait qu'il ne pourra refuser de s'inscrire. N'est-il pas un « puissant de ce monde », comme son père l'a été avant lui et comme Simon, son fils adolescent dont il a la garde exclusive, le deviendra à son tour ?

Or, ce que Daniel Saul a oublié, c'est qu'on ne monte jamais aux enfers, on y descend ! Et leur profondeur, qui est abyssale, n'aura bientôt d'égale que celle de son désespoir !

Mon avis : 19/20  - COUP DE COEUR -
Comment parler de ce livre sans trop dénaturer son contenu...
Patrick Senécal réussit une fois de plus à nous livrer un thriller qui mêle dénonciation et addiction. Si Le Vide était déjà un page-turner épatant, Hell.com nous confirme que l'auteur a un sacré problème à régler avec les dictats de l'argent et la mauvaise utilisation des nouvelles technologies.
Bien plus sombre que son précédent livre, celui-ci nous plonge dans les profondeurs du Darknet à travers un seul et même site destinés aux riches : Hell.com.
Alors attention, ce livre comporte quand même pas mal de scènes violentes et malsaines, mais elles sont indispensables à l'intrigue et c'est aussi ce qui fait la force de ce livre car l'auteur a le don d'écrire des horreurs sans être trop redondant et en appuyant sur les petits détails qui font grincer les dents.
Encore une fois, on ressent à travers l'histoire que l'auteur a une vision très sombre du monde, mais c'est très plaisant car il y a un parti pris. 
Ce n'est pas un simple thriller, c'est une réflexion sur le monde que l'auteur nous offre, une réflexion dont on a pas l'habitude de se confronter. Car oui, ce qui est écrit dans ce livre est horrible. Mais oui, ça peut arriver, et c'est sûrement déjà arrivé. Car l'auteur a bien compris ce qu'est l'horreur : celle de notre monde.

C'est le genre de livres dont on ne sait pas quoi dire à part qu'il faut le lire.

dimanche 5 juin 2016

TAG

Je ne suis pas une grande fan des TAG mais il s'avère que c'est Alys qui m'a tagguée et que je ne pouvais pas ne pas le faire rien que pour cette raison. Alors voilà, je m'en vais répondre à toutes ces questions !
 
Que penses-tu des adaptations cinéma ?
En fait, je pense que ça dépend de quel livre et de quel film. Il faudrait faire du cas par cas. Quand ça reste une adaptation (cf : Blade Runner), je suis complètement pour. Mais quand il s'agit de copier/coller le livre, je ne vois pas vraiment l'utilité. 90% des personnes qui lisent me contrediront sûrement, mais moi j'aime quand le réalisateur s'approprie le livre pour en faire quelque chose qui a la même essence mais sans utiliser toutes les données du livre. (Je me comprends).
 
Quel marque-page utilises-tu ?
Je fais la collection des marque-pages (notamment des pays où je voyage), mais étonnement je finis toujours par utiliser des tickets de caisse ou des tickets de bus.
 
Quel est ton coup de cœur 2015 ?
Incontestablement : Philippe K. Dick - Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? (Critique ici)
Mais si je devais aussi citer un polar, ça serait Le Vide de Patrick Senécal (Critique ici)

Comment classes-tu tes livres ?
Par format puis par auteurs. Et aussi quelques PAL éparpillées un peu partout dans ma chambre.

Quels sont tes blogs de lecture préférés ?
Regarde à ta gauche et tu sauras.

Des petites habitudes inavouables quand tu lis ?
Heu, non, rien d'inavouable.

Un auteur contemporain que tu aimerais rencontrer et pourquoi ?
Joe Hill. Pour l'épouser, et avoir Stephen King comme beau-père. T'imagines le truc ??

Où achètes-tu tes livres (neufs et occasion) ?
L'avantage d'être libraire, c'est que je peux avoir des prix sur les livres neufs que j'achète. Donc je les prends à mon travail.
Pour les livres d'occasion, je les trouve à Bazar Sans Frontières. 

En ce moment, quel genre de littérature lis-tu le plus ?
Je suis retombée dans l'efficacité du thriller et des romans noirs. J'ai pas mal d'envie de SF aussi. Mais c'est aussi parce que je vais bientôt devoir lire pas mal de littérature française pour la rentrée littéraire donc j'en profite maintenant.

Un livre à la fois ou plusieurs ?
Plusieurs. Mais une seule fiction à la fois. Par contre je lis souvent des livres "documentaires" en parallèle. Donc des livres qu'on peut reposer sans problème.

Quelle est ta lecture en cours ?
Bon, je vais faire comme si elle n'était pas affichée sur le côté droit du blog. Je lis Money Shot de Christa Faust.
Sur quel site communautaire en rapport avec la lecture aimes-tu aller ?
Babelio et Livraddict. Je n'en vois pas d'autres là tout de suite.

Livre papier ou numérique ?
Les deux. Quand tu voyages t'es bien content d'avoir une liseuse. Je pense vraiment que les deux se complètent.

Quel est ton endroit préféré pour lire ?
Un peu partout. Dans mon lit. Dans le canapé. Dans les transports en commun. Dans la salle de pause le midi... Tout ça quoi !
 
 
5 personnes à tagguer ? J'en n'aurai pas 5 : Xenaddict, Le Petit Monde des Mots & Caro VerdeLivre ! 

Franck Thilliez - Rever

Quatrième de couverture :
Si ce n'étaient ses cicatrices et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire d'Abigaël qu'elle est une femme comme les autres.
Si ce n'étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu'Abigaël dit vrai.
Abigaël a beau être cette psychologue qu'on s'arrache sur les affaires criminelles difficiles, sa maladie survient toujours comme une invitée non désirée. Une narcolepsie sévère qui la coupe du monde plusieurs fois par jour et l'emmène dans une dimension où le rêve empiète sur la réalité. Pour les distinguer l'un de l'autre, elle n'a pas trouvé mieux que la douleur.

Comment Abigaël est-elle sortie indemne de l'accident qui lui a ravi son père et sa fille ? Par quel miracle a-t-on pu la retrouver à côté de la voiture, véritable confetti de tôle, le visage à peine touché par quelques bris de verre ? Quel secret cachait son père qui tenait tant, ce matin de décembre, à s'exiler pour deux jours en famille ? Elle qui suait sang et eau sur une affaire de disparitions depuis quelques mois va devoir mener l'enquête la plus cruciale de sa vie. Dans cette enquête, il y a une proie et un prédateur : elle-même.

Mon avis : 16/20 
Est-ce que Franck Thilliez a encore quelque chose à nous prouver en matière de thriller ? Je ne crois pas. Son seul défi est de rester à la hauteur de nos espérances. Pari gagné pour ce nouveau one-shot.
Abigaël est psychologue dans les affaires criminelles, mais elle est aussi narcoleptique. Cette maladie l'emmène, plusieurs fois par jour, dans un sommeil paradoxal qui lui transforme totalement sa perception des choses : elle ne sait plus distinguer ses rêves de la réalité.
L'auteur réussit à nous mettre au même niveau que son personnage principal, on se met à douter autant qu'Abigaël et on en redemande. Impossible de savoir si l'on est en plein délire où si elle va se réveiller dans les pages qui suivent. 
La grande réussite de l'oeuvre résulte aussi dans les nombreuses questions que l'on se pose sans réellement pouvoir y répondre. Et dès qu'une réponse est donnée, elle n'est pas satisfaisante et frustre le lecteur. On veut en savoir plus, et plus vite.
Autant vous dire que ce livre est un véritable page-turner bien écrit mais surtout très bien documenté (mais on en attendait pas moins de Monsieur Thilliez hein). Les personnages ont une véritable identité propre et Abigaël est une héroïne comme je les aime : imparfaite mais butée (dans le bon sens du terme, évidemment).
Encore une fois Thilliez envoie le pâté, il fait bel et bien parti de ces auteurs qui méritent le succès qu'ils ont.

mardi 24 mai 2016

Antoine Piwnik - Martin, Sexe Faible

Quatrième de couverture :
Et si les hommes étaient le sexe faible ?
Martin, 30 ans, a bien du mal avec ce monde où les femmes ont le pouvoir : harcèlement sexuel, misandrie au travail, pression familiale.
D’autant qu’il ne vit pas très bien son célibat prolongé, et qu’une impitoyable andrologue a affolé son horloge biologique.
Pour trouver sa princesse charmante et crever le plafond de verre de Direct Info, où il se trouve cantonné à la rubrique people, Martin va devoir se battre.
Quitte à prendre quelques coups, au sens propre comme au figuré.
Comédie romantique à l’envers, le journal de Martin, dénonce le sexisme ordinaire.

Mon avis : 16/20
Peut-être connaissez-vous déjà la Websérie éponyme ? Ce n'était pas mon cas, mais voilà que chose faite.

Pour tout dire, lorsque j'ai vu la quatrième de couverture, j'ai eu très envie de lire mais j'avais aussi très peur. Le sujet va-t-il être traité de façon superficielle ? Le livre va-t-il donner une image ridicule du féminisme ? Verdict : je dois l'avouer, il est plutôt cool.
Sous forme de journal intime, Martin nous raconte jour après jour sa quête de l'amour et du bonheur. Sauf que dans une société matriarche... c'est pas facile facile d'être un homme. Il faut prouver en permanence qu'on peut aussi peser dans le game. Très honnêtement, l'intrigue n'est pas fofolle, mais le côté "société inversée" est vraiment crédible et montre toute l'absurdité du problème patriarcal, et c'est la force de cette oeuvre : l'humour.
L'humour est omniprésent, mais c'est l'absurdité du sexisme qui le veut : en mettant les hommes en tant que sexe faible, on se rend mieux compte que l'égalité homme-femme est loin d'être parfaite à l'heure actuelle.

Ce livre se lit tellement vite que tout le monde devrait le lire (ça pourrait faire pousser de miraculeuses graines dans le cerveau des gens !)
Alors certes, ce livre n'est pas écrit de façon mirifique, mais la légèreté de la forme renforce encore plus le fond.

samedi 21 mai 2016

Hugh Howey - Silo, Tome 1

Quatrième de couverture :
Dans un futur postapocalyptique indéterminé, quelques milliers de survivants ont établi une société dans un silo souterrain de 144 étages. Les règles de vie sont strictes. Pour avoir le droit de faire un enfant, les couples doivent s’inscrire à une loterie. Mais les tickets de naissance des uns ne sont redistribués qu’en fonction de la mort des autres.
Les citoyens qui enfreignent la loi sont envoyés en dehors du silo pour y trouver la mort au contact d’un air toxique. Ces condamnés doivent, avant de mourir, nettoyer à l’aide d’un chiffon de laine les capteurs qui retransmettent des images de mauvaise qualité du monde extérieur sur un grand écran, à l’intérieur du silo.
Ces images rappellent aux survivants que ce monde est assassin.
Mais certains commencent à penser que les dirigeants de cette société enfouie mentent sur ce qui se passe réellement dehors et doutent des raisons qui ont conduit ce monde à la ruine.

Mon avis : 18/20 - COUP DE COEUR -
A la fois thriller et roman post-apocalyptique, ce livre regroupe à lui tout seul tous les éléments d'un bon page-turner.
Composé de différentes parties bien distinctes, ce livre vous fait voyager dans un futur dystopique où l'Humanité s'est réfugiée dans un énorme silo bien organisé et vivant en parfaite autonomie. Bien évidemment, tout n'est pas rose (on a bien dit que c'était une dystopie non mais !) : il est absolument interdit de parler de l'extérieur du silo sous peine de s'y faire envoyer (et de mourir, car l'air y est toxique, sinon ce n'est pas drôle).
On peut ressentir quelques longueurs au début du livre qui se font très vite oublier, d'autant plus que l'auteur dissimule pas mal d'informations sous forme de description banale mais qui vont rendre l'intrigue encore plus puissante dans la troisième partie.
Pas mal de thématique sociétales (censure, héritage, manipulation du peuple...) sont présentes dans l'oeuvre mais pas suffisamment exploitées pour qu'on puisse parler d'un chef d'oeuvre de science-fiction (ce qui est dommage).
Mais ça reste un livre qui se lit très facilement si l'on sait à quoi s'attendre : un page-turner qui nous en dit suffisamment, tout en laissant une bonne dose de mystère afin de mieux hanter le lecteur.

A recommander particulièrement aux lecteurs qui aimeraient commencer à lire de la dystopie.

Un autre avis ?

jeudi 5 mai 2016

Thomas Day - Dragon

Quatrième de couverture :
Bangkok. Demain.
Le régime politique vient de changer.
Le dérèglement climatique global a enfanté une mousson qui n’en finit plus.
Dans la mégapole thaïlandaise pour partie inondée, un assassin implacable s’attaque à la facette la plus sordide du tourisme sexuel. Pour le lieutenant Tannhäuser Ruedpokanon, chargé de mettre fin aux agissements de ce qui semble bien être un tueur en série, la chasse à l’homme peut commencer. Mais celui que la presse appelle Dragon, en référence à la carte de visite qu’il laisse sur chacune de ses victimes, est-il seulement un homme ?

Mon avis : 16/20
Une envie de voyager ? Voilà le Bangkok qu'imagine Thomas Day pour notre futur. Un futur pourtant assez proche de notre présent, il faut bien l'avouer.
Autant le dire toute de suite, cette novella s'apparente beaucoup plus au polar qu'à la science-fiction. Ici, un tueur en série s'attaque aux amateurs d'enfants. Sauf que la ville n'a aucun intérêt à perdre son tourisme sexuel puisque c'est devenu son "image de marque". Tann Ruedpokanon va donc avoir pour mission d'abattre ce serial killer, et c'est de là que part l'intrigue.
On l'a donc bien compris, l'auteur a envie de dénoncer le sale commerce qui se fait autour de la prostitution enfantine et qui devient un prétexte, pour certaines personnes, de faire un détour en Thaïlande. Mais l'auteur ne fait en aucun cas la morale, son texte ressemble plus à une piqûre de rappel, histoire que le lecteur n'oublie pas que l'exploitation sexuelle des mineurs est déjà trop répandue et qu'il ne faut pas bêtement fermer les yeux juste parce que c'est loin de nous.
Et c'est sûrement pour ça que le futur de Thomas Day ne nous emmène pas si loin de notre réalité, il reste dans un futur concevable où le dérèglement climatique est le principal changement.
L'intrigue reste d'ailleurs aussi dans les limites du vraisemblable, sans trop de rebondissements improbables, ce qui renforce la crédibilité de ce futur.
Thomas Day nous offre donc un récit court, brutal mais efficace où l'horreur humaine dépasse de loin celle de n'importe quelle fiction.

samedi 30 avril 2016

Ruth Ware - Promenez-vous dans les bois...

Quatrième de couverture :
Une jeune femme reçoit un message l'invitant à l'enterrement de vie de jeune fille d'une de ses anciennes meilleures amies. Elle arrive dans une grande propriété en verre, perdue au fond des bois. 48 heures plus tard, elle se réveille dans un hôpital couvertes de blessures. Un meurtre a eu lieu pendant la fête. Que s'est-il passé et qu'a-t-elle fait ?
 Mon avis : 14/20
Ruth Ware signe un premier thriller efficace dont l'intrigue est assez originale et les personnages plutôt bien pensés.
Oui mais... le personnage principal a certaines réactions assez horripilantes : on aimerait lui donner une claque en lui disant d'arrêter de redevenir la petite fille soumise d'il y a 10 ans en arrière ! Heureusement, tous les personnages ne sont pas comme cela, et l'intrigue justifie aussi ce personnage "un peu faiblard" puisqu'elle va devoir surpasser tous ses vieux démons.
Il faut dire que la tension monte petit à petit au fil des lignes, et ce, sans que l'on comprenne réellement quand le point crucial de l'oeuvre arrivera. Une fois que cela est fait, les amateurs de thrillers se douteront assez facilement du dénouement. Oui mais jusqu'à la toute fin du livre on doute. Et c'est là la force de l'auteur : elle nous fait douter et toutes les options passent dans nos têtes. Qui ? Pourquoi ? Quand ? Vraiment ??
Au final, cette lecture n'est sûrement pas la plus transcendante que l'on puisse avoir, cependant on ne peut pas réellement être déçu car ce livre possède tous les atouts que l'on recherche dans un bon thriller. Suspens, personnages étranges, intrigue bien ficelée. En somme, c'est un livre simple mais efficace.

mardi 19 avril 2016

Youtube

Bien le bonjour bande de gens.

Si je fais cet article aujourd'hui, c'est pour vous parler du lancement de ma chaîne Youtube (où je parle de livres, bien évidemment). Cela fait pas mal de temps que je tourne autour du pot, j'ai donc décidé de me lancer officiellement pour voir ce que ça donnait.
Le but n'est pas du tout de remplacer les chroniques écrites (ni de faire de la Youtube Money hein), mais plutôt de les compléter (cf : les répéter) afin de mettre plus en avant des livres qui, selon moi, méritent de l'être. 
A savoir que tout avis est bon à prendre (mais je ferai quand même ce que je veux parce que je suis la meilleure t'asvu), d'autant plus quand il vient de personne qui suivent régulièrement (ou pas) mon blog. Wesh.

Actuellement, une seule vidéo est disponible. Mais si t'en veux plus, bah... tu n'as qu'à la mettre en boucle car il n'y en a vraiment qu'une pour le moment.


jeudi 14 avril 2016

Chahdortt Djavann - Les putes voilées n'iront jamais au Paradis !

Quatrième de couverture :
Ce roman vrai, puissant à couper le souffle, fait alterner le destin parallèle de deux gamines extraordinairement belles, séparées à l’âge de douze ans, et les témoignages d’outre-tombe de prostituées assassinées, pendues, lapidées en Iran.
Leurs voix authentiques, parfois crues et teintées d’humour noir, surprennent, choquent, bousculent préjugés et émotions, bouleversent. Ces femmes sont si vivantes qu’elles resteront à jamais dans notre mémoire.
À travers ce voyage au bout de l’enfer des mollahs, on comprend le non-dit de la folie islamiste : la haine de la chair, du corps féminin et du plaisir. L’obsession mâle de la sexualité et la tartufferie de ceux qui célèbrent la mort en criant « Allah Akbar ! » pour mieux lui imputer leurs crimes.
Ici, la frontière entre la réalité et la fiction est aussi fine qu’un cheveu de femme.


Mon avis : 20/20 - COUP DE COEUR -
Comment parler de ce livre qui m'a transcendée du début à la fin ?
L'intrigue tourne essentiellement autour de deux amies d'enfance que le destin va séparer pour finalement leur donner une fin pas si différente l'une de l'autre. Pourquoi cela ? Parce qu'en Iran, si tu es une femme, tu as de grandes chances de finir prostituée.
Et à travers cette fiction, l'auteur donne la parole à des femmes que personne n'a jamais écoutées : des prostituées décédées, qui avant même de le devenir, étaient pleines de rêves et d'illusions. Ces témoignages d'outre-tombe sont crus, violent et dérangeants et c'est là la force de cette oeuvre. Les femmes ne valent rien si elles ne sont plus vierges pour la simple et bonne raison qu'elles sont nées femmes. Chaque histoire, dans ce livre, nous montre toute l'absurdité de cette logique.
Ce livre est bien plus qu'une voix féministe, c'est une voix humaniste car aucun humain digne de ce nom ne peut traiter un autre être humain de cette façon. 
L'auteur nous fait un plaidoyer réel, caché dans la fiction, contre cet Islam oppresseur et hypocrite qui tient le pouvoir dans le pays, elle critique ce que l'homme fait de la religion et les horreurs qu'il se permet de faire en son nom.

Il est très difficile de parler de cette oeuvre, on ne peut que la conseiller. Ce livre doit devenir un indispensable pour que les choses changent. Car elles doivent changer, cela ne fait aucun doute. 

"Un rien fait de vous une pute, dans cette contrée."

"Bon, maintenant, j'aimerais que tu saches, je suis pas un violeur. J'ai pensé que t'étais une pute."

"Ma beauté ne m'a apporté que du malheur."

"Naître fille dans ce pays est un crime en soi."

"Femme, vous ne disposez jamais de votre corps ni de votre vie dans ce pays. 
La loi vous l'interdit."

vendredi 8 avril 2016

Adrien Tomas - Notre-Dame des Loups

Quatrième de couverture :
En 1868, Jack, Würm, Evangeline, Jonas et les autres sont des Veneurs, des chasseurs de loups-garous. Ils ne peuvent plus être définis autrement, ils ont renoncé à tout le reste afin d’accomplir leur devoir : décimer les meutes, protéger les colons, et surtout, pourchasser celle par qui tout a commencé, la légendaire Notre-Dame des Loups.

A travers une Amérique glaciale, battue par les vents et couverte de neige, insensibles au froid, à la fatigue et au découragement, les Veneurs avancent, encore et toujours. Guidés par des chiens de guerre, équipés d’armes crachant des balles d’argent, protégés du Mal par la mystérieuse sorcellerie de leurs amulettes, ils pourchassent, malmènent, et acculent les loups-garous, qui n’ont d’autre choix que les affronter… et mourir.

Mais l’ennemi n’est pas le seul à dissimuler sa véritable nature…

Mon avis : 18/20 - COUP DE COEUR -

Ce roman est à mi-chemin entre The Revenant et Les 8 Salopards.
Rien que ça.

Simple et efficace, ce western dont l'ambiance glaciale nous emporte dès le début est une belle réussite. L'auteur réussit à rendre vraisemblable une intrigue fantastique en rendant crédible le célèbre mythe des loups-garous.
Les personnages sont de véritables brutes sans coeur et l'on arrive pourtant à s'attacher à chacun d'entre eux grâce au système de narration. Chapitre après chapitre, on change de narrateur et l'on découvre un nouveau point de vue et une nouvelle histoire. Par ce choix de l'auteur, on comprend très vite que l'intrigue n'en épargnera aucun.
Adrien Tomas a su créer une ambiance particulière, car en plus des loups-garous, l'environnement est aussi une menace. On se retrouve au coeur des grandes contrées nord-américaines : beaucoup de neige et très peu d'hygiène.
Le suspens n'est pas vraiment présent mais ce n'est pas ce que l'on attend de l'oeuvre. On ne veut pas réellement connaître le fin mot de l'histoire mais plutôt comment on va déboucher sur le dénouement attendu.
Court, efficace et prenant. Ce livre est une belle réussite.


Un autre avis ?

mardi 5 avril 2016

Olivier Gay - Trois Fourmis en File Indienne

Quatrième de couverture :
Fitz deale tranquillement sa coke dans un club parisien quand il reçoit des messages insistants de Bob le hacker, qui a pris la fâcheuse habitude de s’immiscer dans sa vie sans y être invité : « Tu m’avais promis une faveur. Il est temps de passer à la caisse ». En effet, dans l’épisode précédent, Fitz s’était engagé sur l’honneur à lui rendre un service futur en échange de son aide. Le hacker lui demande de se faire passer pour un amateur d’art et le met sur la liste des VIPs invités à la vente aux enchères privée sur l’île du multimilliardaire Philip Munster. Sa mission : se faufiler dans le bureau de l’homme d’affaires et y placer un dispositif de piratage informatique. Pour parfaire sa couverture, il cherche une escort quand il est contacté par Jessica, son ex travaillant à la police judiciaire. Elle a elle aussi Philip Munster dans son radar, car il est suspecté de financer des groupes terroristes internationaux. Dans le collimateur des Stups et sous la pression de Jessica, Fitz n’a d’autre choix que d’accepter qu’elle l’accompagne.
Fitz et Jessica, couple forcé et détonant, s’embarquent dans une aventure haute en couleur et en rebondissements, digne de OSS 117.

Mon avis : 16/20
Quel plaisir de retrouver Fitz ! 
Encore une fois, l'écriture d'Olivier Gay fonctionne à merveille, on se retrouve avec un polar moderne qui se lit d'une traite et qui ne nous laisse pas passer une seconde par la case "ennui".
Encore une fois tout y est : les références sont nombreuses, les personnages sont cool et l'on découvre un peu mieux la fameuse Jessica dont on a beaucoup entendu parlé dans les autres tomes. 
L'histoire est surprenant et l'auteur joue avec les attentes du lecteur pour l'emmener sur de fausses pistes, et cela fonctionne très (très !) bien.

Rien à dire de plus, le quatrième livre de la série Fitz est une réussite et on attend avec impatience le prochain tome !

Cette critique peut paraître courte, mais pour ne pas trop répéter la chronique sur Mais je fais quoi du corps ? j'ai préféré faire plus court.

jeudi 17 mars 2016

Olivier Gay - Mais je fais quoi du corps ?

Quatrième de couverture :
Alors que Fitz s'apprête, enfin, à présenter une petite amie crédible à ses parents, il reçoit un appel d'un de ses clients VIP, le politicien en vue Georges Venard. Ce dernier a besoin de « soleil », et vite, et exige d'être livré à domicile. Devant l'appât du gain, Fitz plaque sa famille et ses bonnes résolutions et fonce chez Venard… pour trouver porte close et son portable sur répondeur. Le lendemain matin, Venard fait la une de toute la presse : il a été retrouvé mort chez lui et l'enquête conclut au suicide. Pourquoi alors le doute s'instille-t-il dans l'esprit de Fitz ? Pourquoi son appartement est-il visité en son absence et se retrouve-t-il bientôt avec des tueurs à ses trousses ? Et cet homme énigmatique que Fitz a croisé dans l'escalier en se rendant chez le politicien, pourrait-il avoir un rapport avec la mort de Venard ? Fitz aura bien besoin du secours de ses amis de toujours, Deborah et Moussah, pour se sortir de cette sombre affaire.

Mon avis : 17/20 - COUP DE COEUR -
Que l'on aime ou non le polar, ce livre parlera à tous les lecteurs. Voilà un roman policier qui sort des sentiers battus, loin du polar actuel qui se veut toujours plus noir, Olivier Gay dépoussière le genre en apportant des touches d'humour et des personnages originaux. Le personnage principal, Fitz (qui est très loin de l'image du vieux policier célibataire et alcoolique) est un personnage anti-héros auquel on s'attache de par sa crédibilité. Les deux acolytes de Fitz, Moussah et Deborah, sont tout autant attachants. On ne parle pas de personnages parfaits, au contraire, mais leurs qualités se complètent et ils forment à eux trois un trio explosif vraiment crédible.
L'intrigue est vraisemblable et les rebondissements sont suffisamment nombreux pour tenir le lecteur en haleine. L'auteur place énormément de références actuelles, ce qui ancre le récit dans l'époque qu'est la notre, ce qui est très appréciable. L'écriture est simple et efficace, les touches d'humour sont légères sans jamais prendre trop de place au coeur du récit. La lecture est fluide, rapide et très agréable.
Malgré le fait que ce livre soit le troisième de la série, on peut le lire indépendamment des deux précédents sans être perdu. Cependant, il faut s'attendre à vouloir se jeter sur la suite, car une fois que l'on y a gouté, on ne peut que vouloir se jeter sur les autres.

Un autre avis ?